Autrefois chef d'orchestre réputé, Andreï est désormais l'homme de ménage du Bolchoï et se remémore le bon vieux temps entre deux coups de balai. Et c'est entre deux coups de chiffon qu'il intercepte un fax invitant le Bolchoï au théâtre du Châtelet, à Paris. Andreï garde l'information pour lui et décide, illico, de réunir ses amis virtuoses, mis au placard pour cause de judéité, afin de se rendre dans la ville des Lumières donner toute la mesure de leur talent. Celui de Radu Mihaileanu (Va, vis et deviens) est de résumer son sujet en quelques plans, le temps d'un générique. Cette efficacité formelle se dilue quelque peu au bout d'une heure. Les Russes s'éparpillent dans la capitale, le scénario aussi, et on ne serait pas loin de se perdre si Mihaileanu ne se rattrapait avec le fameux concert, climax de vingt-cinq minutes où le suspense le dispute à l'émotion, à travers un montage savamment orchestré. On en ressort galvanisé. C'est heureux.