En 1966, La religieuse de Jacques Rivette (adaptée de Diderot) est censurée. Jugé trop anticlérical, le film est sous le coup d'une interdiction de sortie en salles. C'est Yvon Bourges, le ministre de l'Information qui en a décidé ainsi. Afin d'éviter cela, le Festival de Cannes invite Jacques Rivette à venir présenter sa Religieuse avec l'approbation du ministre de la Culture, André Malraux. Grâce à cela, La religieuse sera autorisée en 1967.
En 1969, Andrei Tarkovski est considéré comme un cinéaste subversif par les autorités soviétiques. Impossible pour lui de terminer son film, Andreï Roublev. Robert Favre Le Bret, alors président du Festival de Cannes, l'avait vu, inachevé et rêvait de le présenter. Finalement, il réussit à avoir une copie sous le manteau et fait promettre à Moscou de ne pas faire de représailles. L'accueil pour le film est si extraordinaire qu'il permet à Tarkovski de ne plus être inquiété. Le cinéaste russe reviendra avec Solaris et Stalker.
C'est après s'être évadé de prison que le Turc d'origine kurde Yilmaz Güney termine son brûlot Yol qui suit cinq prisonniers en permission. Cannes sélectionne le film contre l'avis du gouvernement et c'est sous haute surveillance qu'il vient chercher sa Palme d'Or en 1982.
C'est souvent que le Festival a pris le camp de la liberté d'expression contre la dictature en permettant à des artistes, comme Carlos Saura pour l'Espagne, luttant contre la censure de leur gouvernement d'être connu mondialement.
