3. Plutôt Doisneau ou Gursky?

Plutôt William Klein! C'est pour moi un homme d'image complet, peintre, graphiste, cinéaste. Aujourd'hui, la jeune création la plus talentueuse se réclame de lui. Non sans raison. Nous sommes tous des enfants de William Klein.

17. Qu'avez-vous acheté avec votre premier salaire?

Je ne me souviens plus de ce que je me suis offert avec mon premier salaire -je venais d'entrer dans l'équipe de préfiguration du Centre Georges-Pompidou (1974)-, mais je sais ce que je me suis offert avec mon dernier salaire: une souscription au prochain et superbe livre que publiera Sebastião Salgado sur son nouveau travail, dans quelques mois, aux éditions Taschen.

9. Un cliché que vous auriez aimé posséder?

Je n'ai pas l'instinct de propriété. Quand on a eu comme moi le bonheur de contribuer à une grande collection publique de photographies comme celle de la Maison européenne de la photographie (MEP), c'est toujours l'acquisition à venir qui est la plus désirée.

19. Un prétendu chef-d'oeuvre qui vous irrite?

Ce qui me gêne le plus, c'est la notion même de chef-d'oeuvre, surtout en photographie. Certes, certaines images comme Derrière la gare Saint-Lazare, d'Henri Cartier-Bresson, ou Le Baiser de l'hôtel de ville, de Robert Doisneau, sont devenues des icônes. Mais peut-on parler de chefs-d'oeuvre? Ni l'un ni l'autre n'auraient accepté, ce qualificatif. En revanche, l'ensemble de leurs images constitue pour moi un chef-d'oeuvre: le chef-d'oeuvre d'une vie.

7. Avez-vous le blues du dimanche soir?

Depuis l'enfance, je déteste le dimanche soir. Sans doute le souvenir ancien de la demi-pension et de cette horrible odeur de réfectoire dont parle le philosophe Alain dans ses Propos. Alors, pour chasser cette mélancolie, un seul moyen: réunir des amis -qui souvent souffrent du même mal- autour d'une bonne table.

44. Le défaut que vous revendiquez?

La lenteur. J'aime donner du temps au temps, ce qui parfois ne va pas sans poser quelques problèmes à ceux qui travaillent avec moi.

49. Qu'aimeriez-vous que l'on vous offre pour votre prochain anniversaire?

Penser à me souhaiter mon anniversaire est déjà pour moi un cadeau, alors m'offrir en plus un présent...

18. Qu'est-ce qui vous fait fuir chez un homme ou une femme?

La mauvaise foi et la pingrerie.

21. Comment supportez-vous les contrariétés?

Le seul remède, pour moi, c'est le chocolat, et si possible le meilleur, celui de Jean-Paul Hévin.

La Question Complémentaire... Quelle est l'exposition dont vous êtes le plus fier pour cette édition du Mois de la Photo 2012?

Celle qui a failli ne pas avoir lieu: Modernisme ou modernité. Les photographes du cercle de Gustave Le Gray (1850-1860). A cause d'une climatisation qui risquait de tomber en panne -un danger pour des oeuvres anciennes et fragiles comme celles du XIXe siècle- cette magnifique exposition n'a pu être organisée à la MEP, il a fallu trouver un autre lieu en catastrophe. Par miracle, le Petit Palais nous a ouvert ses portes.