"Un réveillon de star au Chateau Marmont, à Los Angeles" (Mina)

L'artiste André, noceur invétéré et propriétaire du club le Baron, célèbre chaque nouvelle année ici, dans une suite. Et Sofia Coppola y séjourne depuis toute jeune. Comme coupé du monde, l'hôtel est le refuge ultra-confidentiel du star-system depuis son ouverture, en 1929. Près de 90 ans plus tard, et autant de fantômes célèbres, il conserve ce chic suranné, témoin de temps où Elizabeth Taylor venait s'y réfugier avec Montgomery Clift. Et, où John Bonham, leader de Led Zeppelin, entra dans le lobby à moto.

Les chambres, presque désuètes, semblent avoir gardé l'empreinte de ces vacanciers particuliers. On finira l'année en VIP dans la pénombre du bar, avant de monter dans la suite 64, le penthouse le plus spacieux (3 540 euros la nuit, tout de même!) pour trinquer devant le feu d'artifice tiré sur Hollywood. Et, si l'idée de vous coucher avec les esprits des lieux vous effraie, il suffit de prendre la direction de Downtown Los Angeles. A moins de s'incruster dans la soirée de Paris Hilton, il ne vous restera qu'à remonter le Walk of Fame, faire un selfie avec un sosie d'Elvis un poil éméché et vous alanguir au petit soleil levant, sur la plage de Venice Beach.

"Un ciel étoilé dans la savane africaine, en Tanzanie" (Anne-Cécile)

Cap sur le Kilimandjaro, la montagne mythique dont les neiges éternelles dominent une savane baignée de soleil, comme dans le fameux roman de Hemingway. Une collection de nouveaux camps permettent de revivre cette Afrique à l'ancienne, du cratère du Ngorongoro au lac Manyara, en passant par la vallée du Rift. Sous une tente de drap blanc, on admire cet éden où vivent plus de 25 000 animaux sauvages.

Après la journée de safari, rien de mieux que de trinquer sur sa terrasse, face au Rift, où des singes plus si sauvages viennent nous tenir compagnie. En contrebas, zèbres, gnous et gazelles se désaltèrent dans les eaux du lac Manyara. Les baroudeurs ne manqueront pas le Migration Camp, camp itinérant qui suit les troupeaux au rythme des saisons. Sous le ciel étoilé à l'infini, on somnole, bercé par la mélodie de la savane. Une parenthèse sauvage avant d'attaquer 2015.

"Des concerts et de danses endiablées à Dublin, en Irlande" (Nathalie)

En hiver, la ville de "l'étang noir" (Dubh Linn, en gaélique) joue à ravir les héroïnes romantiques, des berges du fleuve Liffey jusqu'à la mer d'Irlande, qui accueillit Guillaume d'Orange. Mille ans plus tard, c'est avec les bike-share -l'équivalent Vélib' de Dublin- que s'arpente la capitale irlandaise. Des ponts historiques aux pubs où se réchauffer avec une"craft beer", l'une des bières artisanales qui rivalisent aujourd'hui avec la mythique Guinness.

La ville recèle d'autres trésors culturels, des écrits d'Oscar Wilde ou de James Joyce aux accords de grands musiciens et interprètes actuels telle Sinéad O'Connor. C'est d'ailleurs en musique que Dublin se met en fête pour accueillir les derniers jours de l'année, déployant les 30, 31 décembre et 1er janvier un New Year's Festival aux multiples tentations: gospel à la cathédrale de Christ Church, spectacles de mise en lumières en 3D sur les trois plus beaux monuments historiques, et plusieurs concerts de musique celtique qui mettent en majesté les douze coups de minuit.

"Rencontrer les grands esprits festifs à Weimar, en Allemagne" (Christian)

C'est en plein coeur de l'Allemagne, dans les replis de la secrète Thuringe, que vous rencontrerez la paix d'un réveillon inoubliable. Au pays qui a inventé le sapin -Tannenbaum- et les chants de Noël, la charmante ville de Weimar vous réserve la surprise d'une fin d'année chaleureuse. Avant de devenir la capitale d'une éphémère République (1919-1933), balayée par le nazisme, Weimar fut le berceau du chef-d'oeuvre de la culture allemande: la musique. Dans cette cité séjournèrent et créèrent Jean-Sébastien Bach, Franz Liszt, Richard Wagner, Richard Strauss.

Elle sut aussi accueillir Goethe, Walter Gropius, le plus grand nom du Bauhaus, et vit Nietzsche mourir en ses murs. Cette vocation artistique s'accompagne d'une pléthore de galeries d'art et de musées, que l'on découvre au fil de promenades romantiques propices à la méditation et aux arrêts gourmands. Un air de village de poupée, en compagnie des grands esprits. L'occasion idéale de rompre avec la furie du monde en plein coeur de l'Europe.

"Douceur ensoleillée en Algarve, au Portugal" (Jacques)

Une côte alternant plages et rochers fantasmagoriques, des collines en vergers, embaumées par les orangeraies... L'hiver est idéal pour découvrir cette "Andalousie de l'Ouest" (Al-Gharb al-Andalus) aux vieux châteaux mauresques confits de douceur portugaise -à Silves, à Loulé.

Dopé par des repas exquis et bon marché (la tarte aux amandes fraîches est un must), c'est parfois en bras de chemise qu'on y réveillonne au soleil des cités côtières: Lagos, mirage blanc coiffé de palmiers, et ses églises ornées de panneaux d'argent. Ou Vila Real de San Antonio, cité bâtie par Pombal (le reconstructeur de Lisbonne), qui fusionne l'architecture de trois continents. Car l'Algarve est le berceau du rêve portugais, où l'infant Henri, visionnaire méthodique, lança les grandes découvertes qui allaient changer le monde.