Hawaï et sa palette de couleurs. Bleu Pacifique. Vert profond des forêts. Rose vif des fleurs d'orchidées. Noire lave des volcans. Parfois tout à la fois, après l'ondée, quand les arcs-en-ciel se forment au-dessus du "Rainbow State". L'archipel cher au coeur de l'ex-président Obama, qui y a vu le jour, est à la fois une extension fascinante des grands espaces américains et une invitation à la douceur polynésienne, mâtinée de culture yankee. Un melting-pot tropical où chaque île a sa personnalité.
Pèlerinage surf à Waikiki
Mise en bouche à Honolulu, capitale de l'Etat, sur l'île d'O'ahu. Tous les attributs de la métropole ensoleillée avec ses gratte-ciel, son trafic, ses snobismes, ses grâces, son influence très asiatique. Et une atmosphère bien à elle, détendue et frétillante.
Ce qui aimante les touristes ici, c'est Waikiki. Une longue plage mythique, berceau du nageur olympique et père du surf Duke Kahanamoku, dont la statue de bronze brille sous le soleil, bien en vue. Toute l'année, baigneurs, longboarders et amateurs de canoë se croisent sur la promenade, sous les cocotiers balayés par la brise tiède, avant d'aller trouver leur place sur l'océan. Les grands hôtels montent la garde. Vu des hauteurs de Diamond Head, le gros cratère qui borde Honolulu au sud, l'architecture hispano-mauresque du Pink Palace, 90 ans cette année, forme un gros point rose près des eaux turquoise.

La zone littorale d'Honolulu est encore préservée de l'emprunte de l'homme.
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La mer est forte à Waikiki. Mais les gros rouleaux d'antan, cassés par la poussée immobilière, ont évolué en vagues plus dociles, d'à peine deux mètres par gros temps. Idéal pour les débutants, pas encore prêts à affronter les déferlantes de la splendide côte nord d'O'ahu, carrefour des aguerris.
Habitués aux maladresses des novices éblouis d'être là, les professeurs de l'école de surf Hans Hedemann, très réputée, organisent des baptêmes étape par étape, en deux heures. Costauds, tatoués, et taquins, ils se mouillent jusqu'aux épaules pour lancer sans relâche les planches hésitantes à l'arrivée d'une belle vague. Objectif, pour les élèves: se relever et tenir debout. Ne serait-ce que trois secondes. Au sortir de l'eau tiède, on se salue d'un shaka: pouce et auriculaire levé. Plus qu'un signe cool, une signature.

Le cratère Diamond Head à Hawaï est particulièrement impressionnant
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Flots de lave sur Big Island
L'île d'Hawaï, aussi connue sous le nom de Big Island, est une terre plus brute. Voyez le parc national des volcans : 1300 kilomètres carrés de superlatifs. S'y trouvent le Mauna Loa, 4169 mètres d'altitude, plus haut volcan de la planète si l'on compte sa partie sous-marine, et, en contrebas, le Kilauea, l'un des plus toniques.
Le long des deux rifts (failles) qui parcourent ses flancs se faufilent des coulées de lave de plusieurs kilomètres. Bien équipé, on peut rejoindre à pied celles qui affleurent à la surface. Ou les apercevoir de loin, en voiture, de la route qui contourne la caldeira du Kilauea (Crater Rim Drive) et descend la chaîne des cratères (Chain of Craters Road) jusqu'à un cul-de-sac au bord du Pacifique. Le trajet, au milieu des étendues de lave noire, brillantes, arides, mille fois fendues, transporte au bout du monde.

Le Mauna Loa est le volcan le plus haut de la planète. Il culmine à 4169 mètres d'altitude.
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Depuis que le Puu Oo, une bouche éruptive relativement récente, a repris du service, en juin dernier, on peut venir contempler le spectacle depuis la mer. Un bateau métallique amène les curieux, de nuit, dans les eaux brûlantes où les fluides en fusion, traversant des tunnels, débouchent sur l'océan. Rougeoiements, vapeurs : la rencontre est sauvage.
A Maui, volcan avec vue
La brume tombe d'un coup, la pluie aussi, dans la Valley Island. Son nom, Maui le doit à cette grande plaine fertile qui sépare ses deux volcans éteints. On y cultiva pendant deux siècles la canne à sucre, dans des plantations qui modelèrent le paysage, la population et jusqu'à la langue du Hawaï moderne. Une époque révolue : en 2016, la dernière compagnie sucrière a fermé. Ces champs-là sont en jachère. Mais les ananas, eux, poussent toujours autour de la bourgade de Makawao, dans l'arrière-pays de Paia, jolie ville bobo à quelques kilomètres de l'aéroport de Kahului. Et les légumes des potagers de Kula accompagnent la renaissance de la cuisine locale.

Dans la bourgade de Makawao, on cultive surtout la pastèque.
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La route qui dessert ces étapes mène au sommet du volcan Haleakala. Une traversée de contrastes : collines vallonnées, puis montagnes pelées aux tons bruns. En haut, capuche sur la tête, on chemine en surplomb des cumulus, pistant les quelques espèces qui n'existent nulle part ailleurs. Demain matin, une foule de visiteurs viendra, comme chaque jour, assister au magnifique lever du soleil, empreint de sacré. Puis partira vers le sud-ouest explorer la côte balnéaire et ses spots de plongée, de la chic Wailea à l'ancien port baleinier de Lahaina. A garder pour un prochain voyage.
Comment y aller ?
Pas de vols directs. Vol Paris-Los Angeles avec Air France, puis Delta Airlines ou autre jusqu'à Honolulu. Vols inter-îles avec Hawaiian Airlines www.hawaiianairlines.com
Où dormir ?
A Honolulu: Hôtel Halekulani: légèrement en retrait de Waikiki, un établissement centenaire immaculé, peut-être le plus chic d'Hawaï. www.halekulani.com
Sur Big Island, parc des volcans
A l'entrée du parc, chambres et cottages sous les arbres dans le Volcano Village. www.gohawaii.com/big-island/ regions-neighborhoods/puna/ volcano-village/
Plus balnéaire, à Kona, le Royal Kona Resort, très béton rétro. www.royalkona.com
Sur Maui
A Paia: Le Paia Inn, un boutique hôtel charmant en coeur de ville, avec accès à la plage. www.paiainn.com.
A Lahaina: The Plantation Inn, bed & breakfast soigné de style colonial.
Enfants non admis. www.kbhmaui.com/ plantation-inn.
En savoir plus
Office de tourisme d'Hawaï. www.gohawaii.com
Evaneos, une agence de voyages sur mesure qui dispose de guides francophones. www.evaneos.com
