Vivino, c'est qui et c'est quoi?

Heini Zacharissen, co-fondateur de Vivino.
© / Vivino SDP
Theis Søndergaard et moi-même sommes deux entrepreneurs danois. En 2010, on a lancé l'appli pour permettre aux nuls en vins comme nous de choisir facilement leur bouteille et aux amateurs de partager leur oenothèque virtuelle. Concrètement, au supermarché ou au restaurant, en photographiant les étiquettes ou la carte des vins, vous obtenez la provenance, le cépage et les commentaires de ceux qui l'ont goûté, partout dans le monde. Vous savez où acheter et à quel prix. Vous aimez tel vin, vous le prenez en photo, le commentez, le notez et partagez. C'est accessible à tous, gratuitement. Choisir un vin est devenu aussi facile que de choisir un film. Nous sommes le Netflix du vin.
Combien de vins dans la base de données?

Vivino comporte 23 million d'utilisateurs.
© / Courtesy of Vivino
10 millions, dont plus de 2,5 millions d'étiquettes françaises et plus de 200 000 producteurs.
Vous venez de passer au e-commerce...
Nous avons lancé Vivino Market en France il y a un mois, un e-commerce personnalisé. Chaque utilisateur reçoit des propositions sur-mesure de ventes flash selon son profil de dégustation, avec des tarifs négociés directement avec les acteurs de la filière sur une période limitée. On peut acheter à l'unité. En France, le panier moyen est de 250 euros pour des vins et pour les champagnes de 7 à 120 euros.
Comment vous rémunérez-vous?
Sur chaque clic partant de Vivino vers les sites de 13 000 distributeurs ou de e-commerce partenaires et au pourcentage sur les ventes flash.
Vous avez levé 37 millions de dollars depuis votre création. Comment avez-vous convaincu Christophe Navarre, le président de Moët Hennessy, d'investir personnellement dans Vivino?
Janus Friis, le créateur de Skype, a été le premier à y croire. Quant à Christophe Navarre, nous l'avons convaincu que Vivino allait changer le business du vin. Il aime la tech, il est visionnaire, il a investi 25 millions de dollars via son fonds personnel SCP Neptune International.
Comment la tech va-t-elle révolutionner le marché?
Aujourd'hui, tout vigneron peut savoir ce que les gens pensent de son vin, où il se trouve et à quel prix, et il peut le vendre lui-même. Tous les vins du monde pourront être répertoriés et chacun aura une chance de trouver des clients.
Qui achète sur Vivino?
Les 35-65 ans. Critère numéro un: choisir et acheter facilement. Nous voulons être les plus performants sur le délai de livraison.
Vos marchés principaux?
Les Etats-Unis (numéro un mondial de la consommation), le Brésil, l'Italie, la France, où nous avons déjà 1,4 million d'utilisateurs, et le Danemark. Nous développons le Royaume-Uni, l'Espagne.
Que représente le marché du e-commerce du vin?
15% du commerce mondial du vin. Notre objectif: être les premiers. Vivino a réalisé 55 millions de dollars de chiffre d'affaires en 2016. Nous visons les 100 millions cette année. En France, nous avons désormais un country manager, car le sourcing est la clé du succès. Ici, on peut atteindre 10% du marché.
