En Martinique, avec son rhum blanc Parcellaire #1 "Canne d'or" 2016, l'Habitation Saint-Etienne (HSE) a ouvert une voie dans laquelle s'engouffre aujourd'hui le whisky. Du côté de la verte Érin, la pépite Waterford, créée par Mark Reynier, l'homme qui avait réintroduit la culture de l'orge sur l'île d'Islay, quand il dirigeait la distillerie Bruichladdich, se distingue avec ses single farm étincelants. Chaque cuvée livre l'expression ultime du terroir, ferme par ferme, récolte par récolte. Une approche que le visionnaire reproduit à la Grenade, à travers les superbes flacons du rhum Renegade.

Christophe et Sabine Dupic au milieu d'une des parcelles d'orge de leur exploitation-distillerie Rozelieures, en Meurthe-et-Moselle.
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Dans l'Hexagone aussi, le parcellaire s'instille chez les producteurs de whisky. La distillerie lorraine Rozelieures en produit deux, issus chacun d'une parcelle d'orge choisie parmi les 18 qui constituent les 300 hectares de l'exploitation de Sabine et Christophe Dupic. À l'honneur cette année : le Clos des Champs (17 hectares) et Thiachamps (moins d'une dizaine hectares), l'un limoneux, l'autre argileux. Le premier délivre des eaux-de-vie aux notes très florales et le second se révèle plus grasse avec des arômes de céréales maltées. La différence organoleptique entre les deux flacons éclate en bouche.
Les sceptiques affirment toutefois que les hautes températures de l'alambic gommeraient toutes les spécificités d'un terroir. Un argument balayé par Christophe Dupic : "Au contraire, la distillation renforce la concentration aromatique qu'apporte le sol." Et le passionné de souligner l'importance d'exercer la totale maîtrise de la chaîne de production, malterie y compris, gage d'une traçabilité totale et qualité sine qua non pour garantir un vrai parcellaire. Rozelieures prévoit d'en produire deux à trois éditions par an. À 2 000 exemplaires environ chacune, collectors en vue !
