Cette maison est-elle la plus petite des grandes ou la plus grande des petites? Le genre d'interrogation qui peut mener à de sérieuses migraines. Celle qui guette Jean-Luc Aegerter et son fils Paul, c'est le passage à la vitesse supérieure, un grand classique chez les entrepreneurs qui réussissent. Jean-Luc Aegerter n'est pas un héritier. Sa maison, il l'a créée à la main, à force de travail et de nuits blanches. Et seul, jusqu'à ce que son fils le rejoigne il y a sept ans. Après avoir passé du temps dans le vignoble aux côtés de Jean-Claude Rouzaud, aux commandes des champagnes Louis Roederer, il se décide à sauter le pas. Un cancer le ralentit à peine, il vend sa maison et hop, il s'installe à Nuits-Saint-Georges. Il a trente-six ans, la foi du charbonnier et l'équivalent de 90 000?. C'est court, mais il fonce. Il commence par faire du négoce (il achète des vins, les élève, les met en bouteilles sous sa marque). Avec ses fournisseurs de raisin, il a rompu ses contrats. Il achète si le raisin est beau. Et il vendange ce qu'il achète. Autant que entrepreneurs qui réussissent. Jean-Luc Aegerter n'est pas un héritier. Sa maison, il l'a créée à la main, à force de travail et de nuits blanches. Et seul, jusqu'à ce que son fils le rejoigne il y a sept ans. Après avoir passé du temps dans le vignoble aux côtés de Jean-Claude Rouzaud, aux commandes des champagnes Louis Roederer, il se décide à sauter le pas. Un cancer le ralentit à peine, il vend sa maison et hop, il s'installe à Nuits-Saint-Georges. Il a trente-six ans, la foi du charbonnier et l'équivalent de 90 000?. C'est court, mais il fonce. Il commence par faire du négoce (il achète des vins, les élève, les met en bouteilles sous sa marque). Avec ses fournisseurs de raisin, il a rompu ses contrats. Il achète si le raisin est beau. Et il vendange ce qu'il achète. Autant que possible, il intervient en amont chez ses fournisseurs, une excellente méthode, comme en Champagne. Peu à peu, il réussit à acquérir des parcelles de vigne, deux hectares en nuits saint-georges, autant en savigny-les beaune et en chorey-les-beaune, la même chose en bourgogne générique. En mai, il a signé pour une belle parcelle en hautes-côtes-de-nuits. Dans le même temps, lui qui se définit comme un homme du produit, accorde toute sa confiance à son fils Paul, qui crée des gammes très «marketées». Et ça marche. Il met des slogans sur les étiquettes, le public suit, bien joué: 600 000 bouteilles, dont 35 000 issues des vignes du domaine. Paul a de l'énergie et des idées. Il a multiplié le chiffre d'affaires de la maison par trois en sept ans. Il est partout à la fois, mais c'est son père qui fait le vin.

Du haut en bas de l'échelle des prix, la maison s'applique à faire bon. Nous avons eu l'occasion de déguster une horizontale 2007 de sept blancs, du plus simple au plus rare. Première bouteille, première surprise: du gras, une structure nette, du fruit et pas de mollesse. Tout ceci pour quelques euros. La bouteille suivante est un saint-romain. Là encore, divine découverte. Et ainsi de suite jusqu'au bâtard-montrachet. Là, pas de surprise, c'est grandiose. Ici, on ne sacrifie pas à la mode des oenologues consultants parce que «je ne veux pas», dit-il. Il ajoute que «pour bien vinifier, il faut savoir dire non en permanence». On voit bien qu'il a de l'exigence là où, souvent, les patrons de domaines laissent flotter les rubans. Mais il reconnaît que «grâce aux oenologues, on ne fera plus jamais de récoltes épouvantables comme en 1975». L'avenir de la maison, Jean-Luc l'envisage vers le Sud, reprendre un domaine en Provence pour s'inscrire dans le sillage du rosé, de son succès. Mais ne dites pas que c'est une bonne idée pour prendre sa retraite, son sens de l'humour pourrait montrer ses limites.