L'appétence pour l'agrobiologie, et plus généralement les initiatives RSE, concerne de plus en plus l'univers des spiritueux. Si cette conséquence de la crise sanitaire bute toujours sur une offre encore faible, plusieurs distilleries s'engagent sur la voie du "produire propre". En Martinique, Saint-James a lancé un rhum blanc à cocktails distillé à partir de pur jus de canne biologique. En écho, côté Guadeloupe, la maison Bologne est devenue la première distillerie de l'île à obtenir la certification bio.
Vers des spiritueux bio
En Métropole, dans le Pays d'Auge, Guillaume Drouin a réalisé un bilan carbone en avril dernier. Résultat : chaque bouteille de calvados vendue sous son étiquette capte 2,95 kg de CO2. Un score plus qu'honorable obtenu grâce à ses 11 000 pommiers, qui absorbent chaque année l'équivalent de 605 tonnes de carbone. Cette démarche vertueuse se poursuit avec des fournisseurs (bouteilles, cartons...) proches de la distillerie. Enfin, l'alambic équipé d'un brûleur à gaz de dernière génération permet de limiter la consommation d'énergie. Et, en cette fin 2021, Guillaume Drouin sort une eau-de-vie de cidre bio en édition limitée (1 374 bouteilles).
Au sud de la Charente, à Chalais, David Mimoun, l'un des fondateurs de Vivant, entend "faire de chaque gorgée une fête des sens, une offrande à la terre, un chant d'amour à la vie". Avec ses associés Jean-François Decroix, Stéphane Traumat et Patrick Pech, tous militants de l'agriculture biologique, ils produisent une gamme d'eaux-de-vie (whisky, cognac, rhum et gin) certifiée bio et sans additifs. Silène, Gino et Ange en sont les flacons ambassadeurs. Toutes les matières premières, dûment sourcées, sont produites sans pesticides ni herbicides ni fongicides. Autant d'initiatives vertueuses qui réclament beaucoup d'efforts et de convictions pour être menées à terme.
