Le Lido
Jamais Romuald Royer, l'un des espoirs de la cuisine corse actuelle, n'aurait dû devenir chef. Fils de pharmaciens de Propriano, il était censé reprendre l'officine familiale, jusqu'à ce jour de 1999 où un ami l'emmena dîner chez les frères Pourcel, à Montpellier. « Je n'étais presque jamais sorti de mon village, explique Romuald, aujourd'hui âgé de 27 ans. Et brusquement je découvrais qu'on pouvait faire de la cuisine juste pour le plaisir de donner une émotion. » Le jeune homme plaque ses études... et s'en va travailler avec Antoine Pittilloni, le père de Marie-Paule, sa future femme, dont la famille tient le restaurant le Lido, à Propriano, depuis... 1932. « J'ai passé deux ans au bar du Lido, puis fini d'apprendre le métier à Ajaccio », résume Romuald. A son retour, toute la famille donne un coup de jeune au vieil établissement. Comme son beau-père (spécialiste de la langouste), Romuald travaille avec des produits frais de la région. Du veau tigré qu'il fait mariner et griller, des poissons pêchés le matin pour la soupe du soir. Le tartare d'huître et thon, chantilly de bruccio, lait de coco et sorbet d'oursins est aussi 100 % corse, tout comme le fondant à la châtaigne et sa glace à la réglisse. Une cuisine à la fois simple et inspirée, de haute qualité, qui a valu l'an dernier à Romuald d'être coopté par Génération.C, groupement de jeunes chefs français qui défendent une vision culturelle et patrimoniale de la cuisine. En attendant son premier macaron, le Lido, admirablement placé en bord de mer, se prépare à un grand lifting. Profitez-en, au cas où les prix grimperaient au même rythme que sa cote.42, avenue Napoléon, Propriano, 04-95-76-06-37. www.le-lido.com. Menus : 24 euros le midi et 38 euros le soir. Chambres : de 120 à 175 euros.
Ferme-auberge Campo di Monte
S'il n'y avait qu'un seul restaurant à connaître en Corse, peut-être serait-ce celui-là. D'abord pour son emplacement idyllique, en pleine nature, au milieu des champs qui dominent le golfe de Saint-Florent. Ensuite pour sa beauté : une ferme du XVe siècle en lauze, avec ses bergeries, son abreuvoir, ses épais murs de granit. Et enfin, bien sûr, pour son authentique cuisine corse, où l'on vous sert le repas de fête traditionnel des habitants du Nebbiu, arrosé de muscat et de vin rouge du cru. On commence, selon la saison, par les beignets de bruccio ou de légumes, les charcuteries artisanales, le veau corse élevé par Pauline, la patronne, servi avec des storzapetti - traduisez « étrangle-curé » - c'est-à-dire des boulettes de bruccio aux blettes, pochées et gratinées. Il n'y a plus alors qu'à faire honneur au revigorant plateau de fromages (« On a dû en adoucir certains qui faisaient peur aux touristes ! » précise avec humour Eric, le fils de Pauline), au fiadone, spécialité au fromage et au citron servie avec du marc, aux confitures de figues et aux clémentines confites, accompagnées de suffiadi (beignets soufflés). Une sieste dans l'herbe s'impose ensuite, pour digérer et jouir du calme environnant. Seul défaut du Campo di Monte : son succès. La réservation est indispensable.Murato, 04-95-37-64-39. Menu : 45 euros.
L'Endroit
Voilà un nouveau café-resto à Porto-Vecchio où l'on ne vous servira pas le sempiternel menu corse, mais une cuisine méditerranéenne (pastilla de chèvre, spaghettis aux gambas, panna cotta à la vanille...) servie dans une salle aux couleurs flashy. Rafraîchissant.3, rue du Général-de-Gaulle, Porto-Vecchio. Carte : 35 euros environ.
L'Ariadne Plage
Sur la route des Sanguinaires, la plus vieille paillote d'Ajaccio est aussi la plus dynamique. Depuis les années 1950, l'endroit n'a cessé de faire peau neuve. Arrivé aux commandes en 1993 avec sa femme, Isabelle, Fred, ex-musicien bourlingueur, a ramené de ses voyages le goût pour les mojitos corsés, les cuisines du monde, les poissons grillés. Et les nuits rock, salsa, reggae ou afro-cubaines en bord de mer. Il vient de s'agrandir en créant sur la plage de l'Ariadne un bar où, jusqu'à 2 heures du matin, l'insouciance est de rigueur.Route des Sanguinaires, Ajaccio, 04-95-52-09-63. Menu : 26 euros.
Ferme-auberge A Pignata
Equivalent, dans le sud de l'île, du Campo di Monte, et aussi créée à la fin des années 1980, cette ferme-auberge familiale, tenue par Antoine et Jean-Baptiste, qui ont pris la suite de leurs parents, se veut plus moderne. Depuis l'an dernier, on y profite, en pleine nature, d'une piscine couverte et chauffée, avec vue sur la forêt. Et de chambres design, mariant le bois et le béton ciré. A table, on se régale avec les charcuteries issues des porcs élevés sur place, l'exceptionnel agneau de lait rôti, le pain de viande et le meilleur de la cuisine corse. Une étape goûteuse et chaleureuse.Route du Pianu, Levie, 04-95-78-41-90. www.apignata.com. 17 chambres de 80 à 125 euros par personne en demi-pension.