Pour Romain Réa, expert parisien et directeur d'une boutique rive gauche, pour choisir une montre, "tout commence par le cadran". "C'est comme avec une femme, poursuit-il. On est d'abord attiré par un visage. Avec une montre, tout se passe par le cadran, le jeu des aiguilles, l'harmonie du tout. Puis on s'intéresse au boîtier, au bracelet. Le cadran, c'est la gueule d'une montre. C'est d'ailleurs très compliqué à réaliser."
Quand le coup de foudre est là, vient ensuite le temps de s'intéresser à la marque, au mouvement. En cas d'hésitation, il faut prendre celle qui vous plaît. Et non celle qu'un tiers vous poussera à prendre. "J'ai acheté ma première montre à 17 ans, continue Romain Réa. C'était un chronographe de pilote en plaqué or, doté d'une règle à calcul, qu'on m'avait conseillé. Elle était manuelle. C'était une erreur. En fait, il me fallait un chrono automatique en acier. J'ai vendu la première. Et c'est ma deuxième montre qui fut la bonne."
Pour se documenter, de nombreuses sources existent. Sur Internet, des forums portails d'actualités spécialisées ou marchands et les sites officiels des marques permettent de se constituer une bonne base de départ. " Internet est parfait pour aller chercher une information précise sur un modèle ou une marque, indique Romain Réa. En revanche, un Béotien peut rapidement s'y perdre vu l'incroyable foisonnement d'informations disponibles. Moi, je milite pour les livres, à l'ancienne!", comme la bible de Gisbert Brunner et Christian Pfeiffer-Belli, un incontournable. Les catalogues des maisons de ventes aux enchères sont aussi d'excellentes sources documentaires. Evidemment, les conseils de professionnels et les visites dans les salons sont aussi indispensables pour se forger une solide culture horlogère. Car, pour aimer une montre, il faut d'abord l'essayer.
