Kate Barry, fille de Jane Birkin et du compositeur John Barry, est décédée. La photographe britannique de 46 ans a fait une chute mortelle depuis le quatrième étage de l'immeuble de son appartement parisien, ce mercredi 11 décembre 2013. Connue pour ses portraits de célébrités, dont ses demi-soeurs Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon, l'artiste discrète et timide vivait dans l'ombre de son illustre famille, préférant rester derrière l'objectif.

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Attirée par la mode

Adolescente, Kate Barry projette de se lancer dans la mode. A 16 ans, elle sort diplômée de l'école de la Chambre syndicale de la couture, à Paris (promotion 1983-1984). "L'idée de faire de la photographie est venue bien plus tard", expliquait-elle devant la caméra de Cap 24, en 2008. "Je me suis d'abord lancée dans le stylisme parce qu'il y avait une école, ça avait l'air d'être un vrai métier. Mais tout ce que j'avais appris dans la mode m'a servi dans la photographie. La majorité des portraits que je fais sont plutôt des portraits de femmes ou d'actrices."

Passionnée par la photographie

En 1991, l'année de la mort de son beau-père Serge Gainsbourg, à 24 ans, elle décide d'abandonner le stylisme pour fonder l'association APTE (Aide et Prévention des Toxicodépendances par l'Entraide) et ainsi venir en aide aux jeunes, qui, comme elle, sont accros aux drogues ou à l'alcool. En parallèle de son combat contre la toxicomanie, elle se consacre entièrement à la photographie et se spécialise dans le portrait. Vogue, Elle, Paris Match, Madame Figaro... Les plus grands magazines font appel à elle pour leurs séries mode.

Catherine Deneuve pieds nus, Carla Bruni-Sarkozy hilare, Monica Bellucci secrète, Audrey Tautou pensive... Elle capture la personnalité des stars. "C'était une vraie artiste qui photographiait les femmes dans leur intimité avec une douceur, une humanité, mais aussi avec leur caractère", se souvient Valérie Toranian, directrice de la rédaction de Elle.

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Du caractère, Kate Barry n'en n'était pas dépourvue. Bien que réservée, elle savait imposer ses idées pendant les shootings. "Entre ce que la personne va aimer, ce que je vais aimer et ce que la rédaction va aimer, il y a trois avis, où le photographe gagne de moins en moins", confiait-t-elle à Paris Match. "On veut que tu mettes tel bijou, telle robe en avant. On demande une belle photo plus qu'un portrait. Si je dois m'adapter, je n'y arrive pas, je perds mes moyens. Mais ça va, je continue de travailler."

Une femme sensible et engagée

Irrémédiablement attirée par la mode, Kate Barry shoote aussi des couvertures de magazines (Ayo et sa fille pour Milk, Charlotte Gainsbourg pour Elle ou La Parisienne...) et des campagnes publicitaires (le début de la saga mère-fille de Comptoir des cotonniers, Dior, Shiseido...). En 2011, elle sublime Lou Doillon sur les visuels de la collection Anthony Vaccarello pour La Redoute printemps-été 2011.

L'année suivante, convaincue par sa mère qui est fan, elle réalise un court-métrage pour la jeune marque parisienne Mal Aimée. "Je voulais quelque chose de délicat, alors j'ai fait appel à la danseuse Alexandra Bansch qui est particulièrement gracieuse. Pour communiquer avec peu d'argent, la vidéo et les réseaux sociaux sont des moyens de diffusion utiles", nous expliquait-elle à l'époque.


Engagée, Kate Barry l'est aussi en 2012, lorsqu'elle réalise bénévolement la toute première couverture du magazine Rose, dédié aux femmes malades du cancer du sein. "Pour rien. Pour nous aider. Par bonté", estime Céline Lis-Raoux, directrice de la rédaction, dans un hommage posthume. "Elle a capté dans cette image, sans qu'on ait eu besoin de lui expliquer, tout ce qu'on rêvait d'insuffler dans Rose. Une beauté hiératique, certes, mais aussi la dignité, la distance et une étincelle d'ironie au fond de la prunelle. Le visage d'une femme qui résiste."