Ils ont beau s'être séparés en 1980, au terme de douze années de vie commune, dans l'imaginaire collectif, Serge Gainsbourg et Jane Birkin restent à jamais unis. C'est que le couple incarne à lui seul le glamour et la créativité débridée d'une époque. Leur rencontre sur le tournage de Slogan, en 1968, manque pourtant de tourner à la catastrophe: il traite la jeune actrice britannique de 22 ans à l'accent à couper au couteau de "boudin anglais", elle juge le chanteur quadra d'origine russe "horrible", avant de découvrir qu'il cache derrière son agressivité une grande timidité.
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L'auteur-compositeur ultra-doué devient le pygmalion de la sylphide androgyne sous le regard des caméras de télévision. De Je t'aime, moi non plus (initialement écrit pour Brigitte Bardot) à La Décadanse, en passant par la culte Histoire de Melody Nelson, leur sulfureux tandem sur vinyle fascine autant que le style bohème-chic qu'ils cultivent dans la maison de la rue de Verneuil, à Paris, où ils élèvent la petite Kate Barry (issue d'une première union de Jane), au côté de Charlotte, née en 1971.
Complices même après la séparation
L'alliage de leurs looks respectifs alimente le mythe: jeans pattes d'éph, top en crochet porté sans soutien-gorge et panier d'osier chez la girly tomboy. Repetto blanches, barbe de trois jours savamment entretenue et Gitane au bec pour le dandy poète.
Même après la rupture, alors que les excès alcoolisés de Gainsbourg mué en Gainsbarre ont fait fuir sa compagne, le sentiment qui les lie perdure. Jusqu'à sa mort, en mars 1991, l'auteur-compositeur continue de nourrir le répertoire de sa muse, qui n'aura de cesse d'entretenir la mémoire de son plus grand amour sur toutes les scènes du monde.
>> Extrait du Grand Format numéro 18, L'amour au fil des siècles, juillet-août-septembre 2016, en kiosque actuellement, 6,90 euros.

Une du hors-série "L'amour au fil des siècles"
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