Bijoutiers-horlogers traditionnels, enseignes spécialisées en instruments de mesure du temps de qualité, boutiques de marques, échoppes spécialisées dans l'ancien ou l'occasion, sites web... les amateurs de montres ne sont pas en manque d'offres. Mais la profusion rend les choix compliqués: comme dit l'adage, choisir, c'est renoncer.
Parmi toutes les questions que se posent les amateurs nouvellement convertis, celle du neuf ou de l'occasion. Il n'y a pas de réponse toute faite. Certains n'achèteront jamais d'ancien pour célébrer un moment fort de la vie, d'autres n'auront jamais l'idée de se tourner vers le neuf, d'autres encore, les plus nombreux, se constitueront leur collection au meilleur prix et avec la meilleure potentialité de revente en combinant les deux.
Les termes d'un constat économique
Il y a deux décennies encore, les amateurs ne pouvaient emprunter que deux voix: celle d'une montre neuve chez un détaillant multimarque représentant les grandes maisons horlogères; celle d'une pièce de collection achetée aux quelques rares spécialistes qui se partageaient le marché.
Le temps, long, qu'il a fallu pour constituer un stock de modèles de seconde main, la montre d'occasion est restée un phénomène isolé. Elle était généralement revendue en direct par les amateurs eux-mêmes. Jusqu'en 2005 au moins, date du "grand bond horloger vers l'Asie", la norme était d'acheter neuf une version encore au catalogue d'une marque. Mais le prix des montres a augmenté bien plus vite que le coût de la vie, et les accros, majoritairement occidentaux, rodés à l'occasion par leur expérience de l'automobile, ont commencé à chercher des expédients pour ménager leur compte en banque.

Une vitrine de la maison Cresus. Difficile de faire plus efficace.
© / Courtesy of Cresus
C'est une lapalissade: il n'y aurait pas de marché de seconde main s'il n'y avait pas d'acheteurs pour le neuf. Or, une part assez importante d'entre eux n'envisage pas un autre type d'achat, question de passion et de fusion avec l'objet: l'occasion est inenvisageable.

La boutique de Michel Fréret-Roy, à l'angle de la rue de la Paix et de la rue Danielle Casanova à Paris.
© / Courtesy of Fréret-Roy
Certains passionnés demandent même à ce que la montre n'ait pas été essayée - ce qui exclut les modèles d'exposition et oblige le vendeur à conserver, par exemple, les petits plastiques de protection ou le vernis bleu protégeant le métal des micro-éraflures. Etant donné le prix de ces montres, c'est presque une exigence: la chaleur des vitrines, les essais multiples, le bracelet usé car déjà fermé et ouvert à plusieurs reprises, les microgriffures, les chocs... font des modèles exposés l'équivalent d'une occasion.

Les boutiques Panerai vendent des montres neuves de série et parfois quelques références plus spéciales.
© / Courtesy of Panerai
Autre argument du neuf, la garantie internationale du constructeur. De 1 à 2 ans, elle est passée à 4 ans, voire à 5 pour certains fabricants. C'est un détail important quand on sait comme une montre peut être mise à rude épreuve et le prix de l'entretien. Mais attention, cette garantie ne couvre pas les chocs et les chutes. En cas de casse, la marque ne prend pas l'intervention à sa charge. Il s'agit donc essentiellement d'une sécurité psychologique. Elle ne dispense pas de porter l'attention qui lui est due à ce bijou fonctionnel.

L'intérieur de la boutique Jaeger-LeCoultre, à Paris, place Vendôme.
© / Courtesy of Jaeger-LeCoultre
Autre atout du neuf, la revente, plus facile et parfois plus lucrative, pour les versions rares que des collectionneurs sont prêts à surpayer. Les détaillants font par ailleurs, parfois, des efforts sur des éditions dites difficiles ou qui s'apprêtent à sortir de collections. Il est possible dans ces conditions d'avoir du "neuf" au prix de l'occasion.
Les avantages de l'occasion
L'univers des montres d'occasion a beaucoup évolué ces dernières années. Grâce aux sites de ventes entre particuliers (EBay, le Bon Coin, Chrono24, etc.) et à des professionnels comme Crésus, les offres se sont multipliées. On peut aujourd'hui trouver presque toutes les éditions actuelles en seconde main.
Mais attention, on ne s'improvise pas acheteur de montres d'occasion sans une solide formation. Surtout lorsqu'il s'agit de traiter avec un particulier rencontré sur un site de vente générique. L'offre est souvent alléchante, mais il faut avoir à l'esprit qu'une fois acquise, la rétractation n'existe pratiquement pas. Il faudra par conséquent être vigilant, d'autant que des faux circulent et qu'ils sont de mieux en mieux contrefaits, y compris au sein des collections "vintage". Pas question d'acheter une montre d'occasion que l'amateur ne connaît pas déjà "par coeur" et sans pouvoir en voir le mouvement.

L'une des 9 boutiques Cresus en France. Un réseau très bien organisé de vente de montres d'occasion, révisées et garanties.
© / Courtesy of Cresus
Ne pas oublier, notamment, qu'il ne sera pas possible de faire vérifier la bonne marche de l'instrument chez un horloger. Pour se prémunir de défauts de fonctionnement, l'installation d'un programme de contrôle de la précision des montres mécaniques sur les Smartphones est possible (Kello Hairspring, Watch Tracker...).
Entre particuliers, il faut aussi savoir que la garantie n'existe pas et que les éléments prouvant l'acquisition ont bien souvent disparu, alors que le certificat de vente, avec le prix et une description détaillée, ainsi que la signature et la date, est indispensable pour les assurances...

La page d'ouverture du site Cresus. Un univers dédié permettant aux passionnés de trouver la montre de leur rêve mais également une quantité d'informations utiles.
© / Courtesy of Cresus
Depuis quelques années, des boutiques vendent des montres d'occasion. Elles disposent parfois de sites internet bien organisés, où il est possible de faire une première sélection. Chez ces professionnels, la traçabilité des objets vendus est totale, question de réputation. La garantie est d'au moins un an et les pièces sont le plus souvent révisées et/ou contrôlées.

Le site Chrono24, référence internationale en matière de vente de montres d'occasion.
© / Chrono 24
L'occasion est une alternative pour les multipropriétaires et/ou les acheteurs compulsifs toujours en quête de nouveauté, d'autant que les boutiques d'occasion reprennent les produits. Un client référencé sera toujours mieux traité après plusieurs achats que le premier venu. Il y a donc tout à gagner à jouer la carte de la fidélité.

Ce site a été récemment racheté par le groupe Richemont.
© / Watchfinder
Le prix d'une pièce d'occasion atteint rapidement son plafond, qu'elle soit de l'année ou qu'elle ait 5 ans. Sa valeur ne change pas, jusqu'à ce qu'elle devienne un modèle de collection, qui sera alors proposé à un tarif évoluant à la hausse ou à la baisse, en fonction de la demande.
Il n'existe pas d'argus de la montre, en fonction du millésime. Neuve, une montre vaut 100, vendue par un amateur en direct, elle vaut 50 (sauf les pièces recherchées, qui peuvent être plus chères que le neuf), revendue par un détaillant, elle vaut entre 55 et 75.
