Enfants au visage grave portant couronne en filigrane d'or et colliers de diamants. Femmes au regard fier, toutes parées de perles. Maharaja posant en famille, avec des bagues incrustées de pierres précieuses. Ces clichés montrent le poids du bijou dans la culture indienne, jusqu'à l'indépendance du pays. Une tradition joaillière à l'honneur dans Beyond Extravagance, ouvrage édité par Amin Jaffer, directeur international pour l'art asiatique de Christie's.
Le livre mélange des portraits qui dévoilent de spectaculaires bijoux anciens et des images inédites de dagues en jade, de flacons en cristal et en or, de boîtes en émaux et en diamants. Des pièces qui appartiennent à un collectionneur anonyme longtemps fasciné par la singularité (et l'exubérance) de la joaillerie indienne.
Les bijoux, une affaire de chance et d'équilibre
"Ces bijoux étaient portés en Inde de manière naturelle et traditionnelle -et pas seulement par la noblesse- du fait de l'abondance des pierres et des métaux précieux", explique Amin Jaffer. "Pour les Hindous, les gemmes sont liés à l'horoscope, à la religion et au cosmos. Elles attirent la chance et l'équilibre. "Ce qui explique l'entassement sans mesure de pierres précieuses dans les cheveux et autour des bras, mais aussi de la taille, des chevilles et des orteils.
Une esthétique que les joailliers d'Occident (et notamment Cartier) ne tarderont pas à importer au début du siècle dernier. Les saphirs, les rubis et les émeraudes taillées en bas-relief -une technique exclusivement indienne- sont ainsi incrustés dans des broches, des boucles d'oreilles ou des diadèmes d'une splendeur immodérée, que les élégantes européennes s'arrachent alors. Puisque l'extravagance ne connaît pas de frontière.
