Il avait 14 ans et était en vacances à La Baule quand sa mère lui offrit sa première raquette. Pouvait-elle se douter que, muni de cet instrument, son petit René allait, quelques années plus tard, gagner deux Coupes Davis, autant d'US Open, de Wimbledon et trois Roland-Garros. Alors que la finale de ce dernier tournoi se tient cette année le 8 juin, rappelons que ce fut justement René Lacoste et ses acolytes qui inaugurèrent le stade de la porte d'Auteuil en 1928... par une victoire contre l'équipe des Etats-Unis !
Un ouvrage relate l'épopée du plus fameux de ces illustres mousquetaires sportifs. Victorieux et tellement élégants. Blazer blanc, chemisette à manches courtes, pantalon long et casquette de marlou : les photos témoignent que les tennismen d'alors étaient d'un chic absolu. Et René n'était pas le moins classieux d'entre eux. Un ami qui fabriquait des cravates place Vendôme dessina pour lui un crocodile (son surnom), qu'il fit ensuite broder en grand sur la poche de son blazer immaculé. C'est le même saurien qui lui servit aussi d'emblème lorsqu'il arrêta la compétition et lança en 1933 son premier polo en piqué de jersey de coton, et boutons de nacre. Total paradoxe : à l'époque où Jean Borotra jouait encore avec des espadrilles aux pieds naissait aussi l'un des rares vêtements qui ne se soit jamais démodé...