Les bérets basques pourraient bientôt ne plus être fabriqués qu'hors de France. C'est en tout cas ce que laisse présager le placement en redressement judiciaire de trois des cinq sociétés de l'entreprise Béatex, dernière fabrique française du chapeau de feutre, mardi à Pau.

Les trois sociétés ont été placées mardi en redressement judiciaire pour une période de 12 mois par le tribunal de commerce qui a nommé un mandataire et un administrateur judiciaire et ordonné un inventaire. Parallèlement, la Cour d'appel de Pau a examiné mardi après-midi la requête en suspicion légitime introduite le 10 janvier par Pierre Lemoine, gérant de l'entreprise, et ses avocats à l'encontre du tribunal de commerce de Pau.

Pierre Lemoine, visé depuis la semaine dernière par deux enquêtes préliminaires pour abus de confiance et pour abus de biens sociaux, met en doute l'impartialité du tribunal qui s'était auto-saisi fin novembre du redressement judiciaire des cinq sociétés formant Béatex.

"C'est un moindre mal pour nous", a réagi Jean-René Riard, délégué syndical de Béatex. "Nos salaires vont être versés et les choses vont être encadrées dorénavant", a-t-il ajouté. La fabrication des bérets basques à Oloron-Sainte-Marie avait débuté en 1840. La Cour d'appel rendra son arrêt le 30 janvier.