Dans une interview accordée à Paris Match à l'occasion de la réédition de sa biographie, parue en 1984, le cinéaste revient sur sa vie de famille et sa relation avec Emmanuelle Seigner, qu'il a épousée en 1989 et dont il a eu deux enfants, Morgane, 22 ans, et Elvis, 18 ans. Soeur de l'actrice Mathilde Seigner, Emmanuelle est connue pour ses rôles dans Lunes de Fiel ou La Vénus à la Fourrure. D'ordinaire discret sur sa vie de famille, le réalisateur du Pianistes'est confié sur sa femme. "Ma rencontre avec Emmanuelle est la meilleure chose qui me soit arrivée", a-t-il déclaré. "C'est quelqu'un avec qui je peux continuer de vivre... et le temps que nous avons passé ensemble prouve que je ne me suis pas trompé. Mais cela s'est fait en douceur."
"Je fais probablement moins de bêtises"
S'il passe le plus clair de son temps sur les plateaux, l'homme aux vingt long-métrages n'en reste pas moins très attaché à sa famille. "Je consacre plus de temps à ma famille, à ma femme, Emmanuelle Seigner, à mes enfants, Morgane et Elvis. Je suis plus calme, plus sage et je fais probablement moins de bêtises", déclare-t-il.
Et de poursuivre: "Il y a eu le mariage et puis on a attendu cinq ans avant d'avoir notre premier enfant et encore cinq ans avant le second. Emmanuelle se rappelait qu'elle avait été traumatisée par la naissance de sa soeur [Mathilde Seigner] et on voulait l'éviter à notre fille. Car expliquer l'arrivée d'un autre enfant, c'est à peu près aussi facile que d'annoncer à votre femme que votre ex viendra vivre avec vous... et qu'elle est très sympathique."
Très attaché à sa famille, le réalisateur de Rosemary's Baby n'en chérit pas moins son indépendance, et admire celle de sa femme, actrice et chanteuse. "Ce n'est pas bon de trop travailler ensemble et de rester collés comme un couple de perruches", affirme-t-il. "Je suis fier d'Emmanuelle, elle a pris son indépendance et a su développer son identité toute seule."
"J'aime bien Sarkozy"
Interrogé sur l'engagement politique de sa femme, qui a publiquement soutenu Nicolas Sarkozy en 2012, le réalisateur choisit de laisser planer le mystère sur ses opinions: "J'aime bien Sarkozy. Mais je ne vais pas vous dire pour qui je vote! Nous ne sommes pas d'accord sur tout et nous n'entrons pas ensemble dans l'isoloir."
Plus étonnant, Roman Polanski s'exprime sur le mouvement "Nuit Debout". "J'ai connu le genre d'élan qui ressemble au mouvement Nuit debout de la place de la République", se souvient-il. "Ils sont tellement certains de leurs idées qu'on ne peut même pas discuter avec eux. Trop de gens ont des certitudes trop tôt dans leur vie, qui les amènent à commettre des gestes qu'ils regretteront plus tard."
