"Une souffrance terrible", "un manque de respect total de soi". "Moi, j'étais morte". Quand Pauline Delpech, 35 ans, parle de ses années d'anorexie, elle use de mots violents.

Face à Frédéric Lopez, dans la nouvelle émission Mille et une vies sur France 2, Pauline Delpech, belle-fille de Michel Delpech, raconte sa longue descente aux enfers, son "long suicide", durant lequel elle est passée de la taille 38 à 34 à 32, à la taille 16 ans, puis 10 ans. "Je mangeais une demi pomme par jour et buvais un verre de lait, se souvient-elle. Je faisais sept malaises par jour, je ne pouvais plus marcher, mais j'aimais ça."

Un "spectre" parfois bruyant

Pauline Delpech explique avoir eu envie de faire du mal à ses proches. "C'est une façon de dire, je vous emmerde, c'est trop tard. J'en suis à un point où je les déteste tous. Sauf Michel."

Si elle s'en est sortie aujourd'hui, notamment en comprenant qu'elle souffrait d'"un besoin de consolation impossible à rassasier" (c'est aussi le titre d'un livre écrit par le Suédois Stig Dagerman) Pauline Delpech avoue qu'il s'agit d'un combat quotidien.

"C'est un spectre silencieux qui peut parfois être très bruyant," révèle la jeune femme, qui dit arriver à vivre avec. "L'anorexie, c'est l'arrogance, l'insolence, intelligence, mais ce n'est pas du courage. Le courage c'est de choisir la vie et de l'affronter. Alors qu'on sait que ça va être très compliqué."