En avril 2006, Albert II de Monaco dirige une expédition en traîneau au pôle Nord afin d'alerter l'opinion publique sur les conséquences du réchauffement climatique. Ce n'est pas un hasard. Son arrière-arrière grandpère avait déjà fait le voyage au pôle Nord, en 1906, pour une exploration arctique. Mais les temps ont bien changé.
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"L'aventure humaine que j'ai vécue ne doit pas nous faire oublier que notre planète est en grand danger", déclare alors le prince, qui s'engage en créant la fondation Prince-Albert-II-de-Monaco, vouée à la protection de l'environnement et au développement durable. Une fondation dont les dossiers principaux sont les changements climatiques, la biodiversité et l'eau. Trois ans après le pôle Nord, le souverain gagne le pôle Sud, accompagné de l'explorateur et aventurier sud-africain Mike Horn.
Après les pôles, Albert II s'intéresse à l'Afrique, mais il n'oublie pas la Principauté. Il donne l'exemple en roulant dans une voiture hybride et choisit d'alimenter les autobus au diester, un biocarburant. On circule à vélo dans les rues de Monaco, et on peut aussi y disposer de bicyclettes électriques. "Ces nouveaux moyens de transport ont un sens, et on parviendra à faire la transition énergétique nécessaire." Il précise que "les feux rouges sont commandés par les vibrations des voitures, grâce aux capteurs installés sur les chaussées".
Monaco réduit ses émissions de gaz à effet de serre
La conscience écologique d'Albert II concerne également son assiette: "Depuis des années, j'ai réduit ma consommation de viande rouge, explique-t-il, je n'en mange que tous les dix jours. Quant au thon rouge, il est à jamais banni chez nous, car cette espèce emblématique doit survivre en mer, faute de quoi il y aura prolifération d'autres espèces, et tout l'équilibre sera modifié." Monaco et la Fondation Albert-II ont beaucoup milité pour que l'Union européenne interdise tout commerce de ce poisson.
Le prince a pris conscience, très jeune, de la nécessité de préserver les océans: "Mon père nous a fait découvrir le milieu marin et incité à respecter la nature." Le souverain participe aux principales conférences internationales où il est question de défendre l'environnement.
En décembre 2015, lors de la COP 21, à Paris, Albert II affirmait avec force que "le changement climatique nous engage à opérer une transformation profonde de notre mode de vie au service d'une croissance durable pour tous les pays du monde". Dans le cadre du protocole de Kyoto, la cité-Etat de Monaco a vu ses émissions de gaz à effet de serre baisser de 13,18% entre 2008 et 2012. Elle s'est fixé un nouvel objectif de réduction de 22% sur la période 2013-2020.