Avis aux amateurs de pédicure les pieds dans l'eau! L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) demande une réglementation sanitaire, pour l'instant inexistante, de la pratique de la "fish pédicure" ou "poissons docteurs", a-t-elle indiqué jeudi dans un communiqué.

Depuis 2010, la "fish pédicure", populaire dans plusieurs pays asiatiques, s'est développée en Europe, notamment en France où plusieurs centaines d'établissements proposent ce service: se faire nettoyer les peaux mortes des pieds par de petits poissons.

L'Anses qui a réalisé une experitise sur les risques liés à cette pratique, exclusiement à des fins esthétiques et/ou bien-être, réclame un changement profond et rigoureux de la réglamentation de ses soins.

De nombreux risques d'infections

Il ressort de l'étude que l'immersion des pieds dans un bac d'eau contenant des poissons de l'espèce "Garra rufa" (ces petits poissons friands de nos peaux mortes) représente un risque potentiel de transmission d'agents pathogènes d'origine humaine ou animale par le biais de l'eau des poissons. Principalement chez certains usagers (diabétiques, immunodéprimés, usagers ayant des lésions cutanées aux pieds) qui constituent une population sensible à risque plus important d'infection.

De plus, cette pratique peut attirer plus particulièrement des personnes avec un épaississement de la peau (hyperkératose), susceptible d'être d'origine mycosique qui ainsi augmentent, d'une part, le risque de contamination de l'eau et qui présentent, d'autre part, une sensibilité accrue aux infections.

Impossible de maintenir une eau désinfectante dans les bacs

L'Anses juge "qu'en raison de la présence des poissons, il est impossible de maintenir une eau désinfectante dans les bacs utilisés pour la fish pédicure car cela les tuerait". Elle estime donc nécessaire d'encadrer les pratiques des "poissons docteurs" par une réglementation adaptée afin d'assurer notamment la formation des personnels de ces établissements pour garantir leur sécurité et celle des usagers.

Elle demande notamment une obligation de traçabilité des lots et le contrôle sanitaire des poissons, une information objective du public sur les dangers encourus lors de cette pratique et la formation des personnels pour garantir leur sécurité et celle des usagers.

L'Agence rappelle, enfin, la nécessité de prendre en compte la réglementation relative à la faune sauvage captive régissant les conditions d'ouverture des établissements proposant la pratique de "fish pédicure".