01/ Le chic intemporel

Chaise MHC.3 Miss, 812 ¤. www.molteni.it
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Editeur iconique, Molteni a toujours fait appel aux designers les plus influents de leur époque, à l'instar de Gio Ponti, du duo Afra et Tobia Scarpa. Ce dernier a signé cette chaise aux lignes archétypales désormais éditée en noir. Assise en cuir ou en corde tressée.Chaise MHC.3 Miss, 812 ¤. www.molteni.it
02/ La simplicité en majesté

Canapé modulaire de Minotti
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Futé et tout en sensualité, ce canapé modulaire de Minotti jongle avec les lignes sans renoncer au confort. Grâce à un système d'aimants invisibles, il a l'avantage de s'adapter à tous les usages - professionnel ou personnel - et d'inviter aussi au lâcher-prise. Existe en version cuir ou tissu. Modèle Daniels, prix sur demande. www.minotti.com
03/ Cristina Celestino, maestra de la couleur

Cristina Celestino
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Architecte d'intérieur et designer, l'Italienne adoubée par les plus grands est la nouvelle reine de Milan.
Pordenone est une cité proche de Venise dont les églises, musées et palazzi retracent l'histoire artistique de l'Italie... Cette ville, dans laquelle Cristina Celestino (photo) est née en 1980, l'a influencée tout autant que la Sérénissime "où la beauté surgit partout de la stratification et de la sédimentation". Ce parcours esthétique mêlé à un regard contemporain et une parfaite maîtrise des couleurs a façonné la singularité de cette architecte, qui multiplie les projets pour les plus grandes maisons, de Fendi à Sergio Rossi en passant par CC-Tapis. Si elle dessine des objets domestiques pour sa maison d'édition, Attico Design, créée en 2010, son succès tient également à ses installations spectaculaires comme The Happy Room, un boudoir ultra-féminin pour Fendi, présenté en 2016 à Design Miami, ou à une réinterprétation très "wesandersonnienne" du tram milanais lors de la Design Week 2018 (pour Rubelli).

A gauche : une tapisserie de la collection Amazonia pour Ames - A droite: céramiques Jardin des délices, carrelages de Fornace Brioni. Le tout designé par Cristina Celestino
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"Cette ville est une source d'inspiration perpétuelle. Je suis fascinée par tant de beauté cachée." Cristina imagine aussi des boutiques qu'elle saupoudre de rose, sa teinte fétiche. Attention: pas le rose millennial, mais plutôt des nuances profondes comme le terracotta ou le rose égéen qu'elle décline cette année sur les carrelages de Fornace Brioni , qui célébrera, cette année, son centenaire. A cette occasion, elle présentera également des assises pour le fabricant Billiani, des vases et encore du mobilier d'inspiration tropicale pour l'allemand Ames... Des marques toutes séduites par son style hybride, néo-Art déco mâtiné de douceur et de poésie. cristinacelestino.com
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04/Arc de lumière

Lampe pensée par le designer Philippe Malouin, éditée par Roll & Hill en collaboration avec Poliform
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Une lampe contorsionniste? Pensé par le designer Philippe Malouin, ce modèle en est un bel exemple puisque sa tige souple permet de l'accrocher aux murs ou au plafond. Une création éditée par Roll & Hill en collaboration avec Poliform, référence incontournable du mobilier italien Lampe Pole, leds en silicone, prix sur demande. Poliform, 33, rue du Bac (Paris, VIIe). www.poliform.it
05/ Chinoiseries arty

Expo "The Porcelain Room", fondation Prada
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Dès la réouverture de la Fondation Prada, foncez voir cette exposition qui, lancée en janvier, est l'un des événements phares de la saison milanaise.
Pourquoi cet espace d'expositions, plutôt avant-gardiste dans ses choix, s'intéresse-t-il à la porcelaine chinoise exportée en Europe, entre le xvie et le xixe siècle? Pour Chiara Costa, programmatrice de la Fondation Prada, "cet accrochage installé dans la torre de la fondation, montre qu'une cohabitation entre arts décoratifs et sculptures (JeffKoons ou Lucio Fontana) peut se révéler très féconde. Le résultat est effectivement saisissant. Au milieu des oeuvres de la collection, ce sont quelque 1700 pièces (assiettes, coupes ou bougeoirs historiques) qui sont montrées sans hiérarchie, témoignant de la fantaisie et de la pluralité des langages des artisans de l'époque. A l'instar de cette drôle de soupière crabe xviiie ou d'une série de porcelaines de la dynastie Qing ou des premières commandes de vaisselle chinoise effectuées par les Portugais, dont il reste moins de 150 pièces dans le monde. The Porcelain Room, jusqu'au 28 septembre. www.fondazioneprada.org
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06/ L'heure bleue

Tapis Sky en polyamide, 230 cm de diamètre, 927¤. www.calligaris.com
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Pile dans l'air du temps, ce tapis façon tye & dye est décliné dans la teinte Classic blue, élue couleur de l'année par Pantone. Idéal pour dynamiser l'atmosphère d'une entrée ou d'une salle à manger, il s'inspire des nuances du ciel, de l'aube au crépuscule. Hypnotisant ! Modèle Sky en polyamide, 230 cm de diamètre, 927¤. www.calligaris.com
07/ Dans les archives d'Enzo Mari

Chaise Box Enzo Mari
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Figure majeure du design italien, la Triennale de Milan consacrera, dès sa réouverture, une grande rétrospective à cet architecte iconoclaste.
En février dernier, Enzo Mari - cinq fois lauréat du Compasso d'oro, l'un des plus importants prix de design au monde - faisait don à la ville de Milan de ses archives professionnelles portant sur une période de cinq décennies. Un fonds d'une valeur inestimable dont une partie est aujourd'hui présentée dans cette exposition imaginée par le critique et historien d'art Hans Ulrich Obrist, qui retrace le parcours du maestro souvent considéré comme la conscience politique du design contemporain. Riche de maquettes, prototypes, dessins, photos et meubles à l'instar de cette Box Chair (conçue en 1971 pour être assemblée chez soi), cet accrochage permet au profane de mieux saisir la personnalité singulière de ce visionnaire qui a prôné, dès 1974, le do-it-yourself, comme un clin d'oeil à notre mise en quarantaine actuelle! Enzo Mari curated by Hans Ulrich Obrist, au rez-de-chaussée de la Triennale, jusqu'au 6 septembre. www.triennale.org
08/ Formafantasma, un studio défricheur

Andrea Trimarchi et Simone Farresin (alias Studio Formafantasma)
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Chouchou de Milan, ce duo mène des projets souvent expérimentaux qui font le lien entre art, design et écologie.
Le design peut-il changer le monde? C'est la question à laquelle Andrea Trimarchi et Simone Farresin (alias le Studio Formafantasma) tentent de répondre depuis 2009, date de l'obtention de leur diplôme et de la création de leur agence à Amsterdam. Depuis, musées et galeries internationales se sont entichés du travail de ce tandem, toujours prêt à réhabiliter des techniques artisanales oubliées. Ainsi le projet Botanica (présenté notamment au MoMa, à New York), qui explore les textures et les possibilités techniques offertes par les fibres naturelles de plantes, a transformé ces quadras en hérauts d'un design conceptuel poético-écolo.

Studio Formafantasma
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Mais à côté de leurs expérimentations, ils créent aussi des objets plus classiques comme des luminaires pour Flos ou des carrelages à base de cendres volcaniques de l'Etna pour le fabricant Dzek. A l'issue de la crise du coronavirus, ils espèrent que des projets liés à l'urgence climatique seront mis en oeuvre de façon plus radicale. Comme ils l'ont fait, début mars à la Serpentine Gallery, à Londres, en présentant Cambio, un ensemble de meubles taillés dans le bois d'un arbre foudroyé lors d'une tornade en Italie, prétexte pour aborder les questions environnementales. Dans une exposition sur le baroque, au Rijksmuseum, à Amsterdam, ils ont aussi élaboré une scénographie à partir de panneaux recyclés et réutilisables... Bravo pour ce design particulièrement vertueux! www.formafantasma.com
09/ Faut paresser là !

Dormeuse Armani Casa - 2020
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A l'occasion de ses 20 ans, la maison Armani Casa édite cette dormeuse aux rondeurs voluptueuses, inspirée des méridiennes qui trônaient, à l'aube des années 1930, dans les loges des actrices italiennes. Recouverte d'un tissu en damier Rubelli, confortable et sophistiquée à la fois, cette pièce a l'art de féminiser un espace trop austère.www.armani.com
10/ Trois lieux pas communs
Aux quatre coins de la capitale lombarde ont fleuri des espaces singuliers voués à la création où, souvent, le design flirte avec l'art contemporain et l'architecture. Une démonstration audacieuse de la porosité entre les différentes disciplines. A découvrir dès que la vie normale aura repris son cours...
Le HangarBicocca

HangarBicocca, à Milan
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15000 mètres carrés, 3 espaces d'exposition, 1 installation permanente signée Anselm Kiefer... Au coeur d'une ancienne fabrique de matériel roulant ferroviaire réaménagée par Pirelli, ce bâtiment industriel est devenu un spot pour les amateurs d'art contemporain. A l'honneur (dès la réouverture), l'artiste chinois Chen Zhen (1955-2000) et ses sculptures monumentales réalisées à partir de meubles recyclés. pirellihangarbicocca.org
La Camp Design Gallery

Camp Design Gallery
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Située près des navigli (les canaux de Milan), cette galerie plutôt expérimentale s'est très tôt spécialisée dans les projets de design conceptuels en invitant la fine fleur des créateurs italiens et internationaux. Présente sur les plus grandes foires (Design Miami, Collectible, à Bruxelles etc.), elle a acquis, depuis, une réputation qui a largement dépassé les frontières de la capitale lombarde. www.campdesigngallery.com
FuturDome

FuturDome, Milan
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A la fois musée indépendant et résidence d'artistes, ce lieu au nord de Porta Venezia s'est donné pour mission d'interroger le monde de demain à travers des projets expérimentaux qui mêlent art, architecture et design. Installé dans un élégant palais de style Liberty (l'Art nouveau italien), il promeut l'héritage et le passé historique du futurisme en défendant l'esprit novateur de ce mouvement. www.futurdome.org
