"Il faut protéger cette équipe de France", a lancé Bernard Laporte sur le plateau de Stade 2 ce dimanche après-midi. L'air grave, le président de la fédération française de rugby a affirmé sa volonté de signer des contrats fédéraux pour faire progresser le rugby français, sans pour autant donner de calendrier précis. Les internationaux seraient alors sous contrat avec le XV de France ainsi qu'avec leur club et partageraient leur temps à égalité entre les deux.
La défaite contre l'Irlande (19-9), samedi à Dublin, a inspiré Bernard Laporte. "J'ai été sélectionneur de l'équipe de France de 2000 a 2007, rappelait-il au micro de France 2. A cette époque on battait toujours l'équipe d'Irlande. Pas parce que j'étais sélectionneur mais parce que le rugby français était meilleur que le rugby irlandais. A ce moment-là, ils ont changé de stratégie. Ils ont pris des joueurs sous contrat, ils ont fait en sorte de protéger leur équipe nationale et aujourd'hui ils en tirent la quintessence."
"Une équipe de France qui meurt, c'est un sport qui meurt"
Interrogé sur les détails de sa mesure, celui qui a conduit les Bleus au Grand Chelem lors des Tournois des Six Nations 2002 et 2004 a précisé qu'il avait besoin d'une quarantaine de joueurs disponibles la moitié de l'année pour redorer le blason du XV de France. "Si on veut une équipe de France performante, il faut que les joueurs soient détachés grosso modo pendant six mois, répondait-il. Je veux faire cette réforme avec les clubs. On a un championnat qui ne façonne pas une équipe de France. Une équipe de France qui meurt, c'est un sport qui meurt."
Bernard Laporte a renouvelé sa confiance au sélectionneur Guy Novès malgré son bilan mitigé depuis sa prise de fonction en novembre 2015. Le XV de France n'a marqué que deux essais lors de ses trois derniers matchs et reste sur cinq défaites consécutives à l'extérieur. Les Bleus seront attendus de pied ferme par les Italiens, derniers du classement, le 11 mars prochain à Rome.