Sans Tony Parker, sans Alexis Ajinça et sans Joakim Noah, l'affaire paraissait entendue. Impossible de passer l'obstacle d'un quart de finale d'une Coupe du monde contre des ogres espagnols au complet et à domicile. Sans parler de la défaite cuisante dès les poules contre ce même adversaire (88-64). Et pourtant, ils l'ont fait, s'ouvrant la voie vers une possible finale contre les Etats-Unis. Car les Bleus ont pu compter sur...
... Un meneur de folie, Thomas Heurtel
Certes, le natif de Béziers était de la victoire en championnat d'Europe 2013, sa première compétition majeure. Mais Thomas Heurtel n'était que le 3e couteau au poste de meneur de jeu, derrière l'indispensable Tony Parker, et Antoine Diot, 25 ans comme lui. En l'absence de la star NBA, le sélectionneur a préféré donner le rôle de titulaire à Heurtel plutôt qu'à Diot, au profil un peu moins scoreur. Bien lui en a pris, le 2e meilleur passeur de la Liga -il joue à Vitoria, au Pays Basque- fait une compétition éblouissante. Comme il l'avait fait contre la Croatie en 8e, Heurtel a pris ses responsabilités dans le "money time", plaçant deux fois deux points avant un tir primé létal pour les Espagnols. LA sensation française du tournoi.
... Un intérieur à la hauteur, Rudy Gobert
Les succès du basket français, ces dernières années, ont été bâtis sur une défense intraitable -comme en football, en rugby ou en handball d'ailleurs. Au basket, en l'absence -dans l'ordre- au poste de pivot de Joakim Noah, Alexis Ajinça (héros de l'Euro 2013), Kevin Séraphin et Ian Mahinmi, le sélectionneur Vincent Collet a dû s'en remettre à deux jeunes de 22 ans: Joffrey Lauvergne et l'inexpérimenté Rudy Gobert. Gobert, 2,16 m, a fait une petite saison aux Utah Jazz. Sur ce Mondial, il explose. 13 rebonds contre l'Espagne, muselant l'idole Pau Gasol. Même efficacité pour celui avec qui il tourne, Lauvergne (2,11 m et meilleur rebondeur de l'Euroligue cette saison), auteur de 10 rebonds. Résultat: avant le quart, les Espagnols tournaient à 88 points de moyenne. Là, ils n'en ont marqué que 52.
... Des anciens qui assurent: Diaw, Batum et Gelabale
Du cinq majeur du titre européen de 2013, trois sont présents au Mondial: le capitaine Boris Diaw, Nicolas Batum et Mickaël Gelabale. Diaw, 15 points contre l'Espagne, est tout simplement l'un des basketteurs les plus intelligents du monde. Malgré son physique imposant, il sait tout faire, mêlant sens du touché et science collective, comme il l'a prouvé lors du titre NBA des Spurs. Nicolas Batum sait lui aussi tout faire, faisant preuve d'une agressivité offensive indispensable pour faire grimper le score. Avec 9,9 points par match sur ce Mondial, il est le meilleur marqueur des Bleus, mais peut encore faire mieux. Ne pas oublier Mickaël Gelabale le discret. Bon défenseur et excellent shooteur en extension, notamment à trois points, même s'il s'est moins montré contre l'Espagne.
... Un entraîneur reconnu, Vincent Collet
Le sélectionneur des Bleus a une fois de plus prouvé qu'il était à la hauteur des ambitions et du talent de son effectif. Vincent Collet a parfaitement cerné les défauts de l'Espagne, martelant à coups de vidéos les consignes à même de faire taire la mécanique à scorer ibérique. La discipline de la défense française est aussi son succès et celui de son staff. De l'avis général, il est un technicien d'exception qui mérite sa place. Un peu effacé? Faux: il n'y a qu'à se souvenir de son coup de gueule poussé en 2010, peu de temps après sa prise de fonction, capté par une caméra. Sur ce Mondial, il a su faire comprendre aux Bleus qu'ils devaient jouer crânement leur chance, malgré l'absence de Tony Parker.
