Le maillot jaune Chris Froome avait prédit des écarts sur les pentes du Mont Ventoux et s'est lui-même chargé de les creuser dimanche lors de la 15e étape pour se dessiner un scénario idéal en vue de la fin du Tour de France. "Je pense qu'il y aura de plus grands écarts sur une étape comme le Ventoux que dans les 20 derniers kilomètres de cette étape", avait-il déclaré vendredi pour minimiser l'impact du "coup de bordure" réalisé par ses rivaux de l'équipe Saxo.
Deux jours plus tard, le "Kényan Blanc" a mis sa prédiction à exécution dans l'ascension finale du Ventoux, lâchant les concurrents qui figuraient à ses côtés pour rattraper l'homme de tête Nairo Quintana, finalement décroché lui aussi. "On attendait de voir si les concurrents allaient faire un début de course agressif. Quand Nairo Quintana a attaqué, derrière ça n'a pas bougé, les Mollema et autres... On s'est dit 'OK, on utilise nos forces pour durcir la course' et on a profité de cette situation", explique le directeur sportif Nicolas Portal.
L'équipe Sky, pointée du doigt pour son relâchement coupable lors de l'étape de Saint-Amand-Montrond, a cette fois été présente à l'image de Richie Porte et Peter Kennaugh qui ont mené la chasse sur Quintana. Froome a fait le reste et s'est offert une confortable avance avant d'entamer la dernière semaine de course qui compte un contre-la-montre mercredi, suivi de quatre étapes de montagne, ses deux terrains de prédilection.
Les Movistar veulent encore y croire pour Contador
"On ne va pas dire que tout est parfait. Il y a une semaine pile, on a eu un coup de chaud (dans les Pyrénées, ndlr), ça peut toujours arriver même si je ne pense pas que ça se reproduira parce qu'il y avait un concours de circonstances malheureuses ce jour-là, explique Portal. En tout cas, quatre minutes, c'est plus confortable. Et il y a le chrono où on espère mettre un peu plus de temps".
Lors du premier contre-la-montre au Mont-Saint-Michel, Chris Froome avait écoeuré ses rivaux. Ces derniers se battent pour la plupart pour une place sur le podium ou dans le Top 5. "Ça devient une gestion et du marquage. Les autres équipes vont s'épier entre elles, comme on l'a vu aujourd'hui (dimanche). Du coup, on trouve des alliés alors qu'au début du Tour, on nous disait qu'on avait tout le monde contre nous et finalement on a pas mal d'alliés", constate Portal.
Chez Movistar, où l'on a voulu dimanche "faire une photo de ce qui était possible sur ce Tour", dixit le manager Eusebio Unzue, l'objectif est désormais clair: une victoire d'étape et éventuellement une place dans le Top 5 pour Quintana.
Dans l'équipe Saxo, en revanche, on assure ne jouer que la victoire d'Alberto Contador. "On y croit toujours, il faut se battre, on est là pour ça", assure le directeur sportif Philippe Mauduit. "Aujourd'hui (dimanche), c'était une étape particulière avec juste une montée finale. Quand les montées vont s'enchaîner, ça va changer la donne", estime-t-il, en pointant les progrès de Contador.
"Par rapport au peloton et à ce qui s'était passé dans les Pyrénées, on a vu qu'il était mieux. Il reste quatre étapes difficiles où il va encore progresser parce que généralement il récupère mieux que l'ensemble du peloton. Après, de là à chatouiller Chris Froome c'est autre chose... souligne-t-il. Mais on aura la possibilité de mettre des tactiques en place pour essayer de le perturber."