Depuis ses aveux télévisés face à la célèbre présentatrice Oprah Winfrey, le 17 janvier 2013 Lance Armstrong était resté muet dans les médias. L'interview qu'il accorde ce vendredi au Monde signe un retour tonitruant, le champion déchu de sept Tours de France affirmant qu'il impossible de s'y imposer sans se doper. Il accuse aussi Laurent Jalabert de mentir en niant tout dopage intentionnel et multiplie les piques contre l'Agence américaine anti-dopage (Usada), à l'origine de sa chute.
Depuis son passage sur les écrans du monde entier, Armstrong s'est contenté de son fil twitter (dont le sous-titre "survivant" a remplacé celui de septuple vainqueur du Tour de France) pour communiquer. Il y encourage l'équipe texane des San Antonio Spurs lors de la finale NBA en juin et souhaite une bonne fête à toutes les mamans en mai. Ses amis disposant eux aussi d'un compte sont également gratifiés d'un "happy birthday".
Armstrong toujours poursuivi
Le sportif le plus détesté d'Amérique n'évoque pas en revanche sa tentative de participer à une compétition de natation dans sa ville d'Austin (Texas) début avril. Compétition à laquelle il a renoncé sous la pression de la fédération internationale de natation. Il n'évoque pas non plus le désengagement récent de son ancien sponsor Nike de sa fondation de lutte contre le cancer, Livestrong.
Armstrong fait actuellement face à une plainte déposée par la justice américaine au printemps, pour avoir utilisé de l'argent public pour son programme de dopage, à l'époque où US Postal finançait sa formation. Il risque de devoir débourser environ 110 millions d'euros dans cette affaire. Une compagnie d'assurance, SCA Promotions, réclame de son côté 12,5 millions de dollars (7,5 de primes et 5 de dommages et intérêts) à celui qui s'est parjuré lors d'un arbitrage en sa faveur, sur ce dossier.
L'interview au Monde s'inscrit dans ce contexte, au moment où le départ de la 100e édition du Tour lui donne une exposition maximale. Elle permet à Armstrong de maintenir sa thèse de victime du système et de pratiques personnelles qui ne se démarquent pas de celles du milieu. Elle lui permet aussi de défendre ses sombres triomphes sur le Tour de France, en prétendant que ceux des autres ne valent pas plus. Elle confirme enfin le peu de goût du Texan pour la discrétion, malgré son irrémédiable déchéance.
