Depuis vendredi dernier, le LOSC a officiellement un nouveau propriétaire. Michel Seydoux a passé la main Gérard Lopez, bien connu dans le monde de la formule 1. Un peu moins dans celui du foot où il avait déjà tenté de s'immiscer en tentant de racheter le RC Lens, puis l'Olympique de Marseille. Selon une enquête de Mediapart, France 3 Lille et Mediacités, son arrivée à Lille a de quoi "effrayer les supporters du club nordiste et la métropole lilloise."

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L'homme d'affaires a confirmé qu'il avait racheté le Losc via sa société Victory Soccer Limited, basée à Londres. Or selon l'enquête des trois médias, cette société appartient à une holding, appelée Chimera, qui appartient elle-même à une société, Incredible Wealth ("incroyable richesse" en anglais...), immatriculée aux îles Vierges britanniques, célèbre paradis fiscal où Cristiano Ronaldo et José Mourinho ont placé leur argent comme le révèlent les Football Leaks.

Un passé qui ne plaide pas en sa faveur

Selon Mediapart, Gerard Lopez n'aurait pas choisi cette domiciliation "pour des raisons fiscales", mais pour "des raisons d'efficacité" et de "sécurité juridique", le tout "en respectant strictement la légalité et l'éthique". Il ne nie donc pas la réalité du montage. Selon son entourage, "Médiapart fait une présentation tronquée et biaisée des informations qui lui ont été transmises. Le LOSC n'a aucunement été racheté par une société domiciliée aux Iles vierges Britanniques. Gérard Lopez agit et investit en toute transparence, en toute légalité et dans le respect des réglementations des différents secteurs. Il ne nous semble pas nécessaire de commenter davantage cet article dont nous contestons fermement le contenu."

Le successeur annoncé de Michel Seydoux entretiendrait aussi le flou sur la valeur réelle de l'investissement placé au Losc. Dans un entretien à L'Equipe, il évoque la somme de 50 millions d'euros. Il assure qu'il n'endettera pas le club et que son projet a déjà été validé par la DNCG, le gendarme financier du foot français. Son passé à la tête de l'écurie de F1 Lotus ne plaide pas non plus en sa faveur. Selon les chiffres de l'enquête, "Lopez n'avait investi que 31 millions d'euros, intégralement empruntés. Et l'écurie a réalisé plus de 200 millions de pertes en cinq ans."