Les All Blacks sont définitivement au-dessus de la mêlée. Jamais, avant eux, une équipe de rugby n'avait réussi à conserver un titre de champion du monde. En s'imposant contre l'Australie ce samedi, 34 à 17, ils se retrouvent les seuls au monde à en avoir décrocher trois (1987, 2011 et 2015), et ont démontré qu'ils restaient les ambassadeurs éclatants de leur sport.
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Des All Blacks quasi invincibles
Favoris à l'entame de cette Coupe du monde 2015, les Néo-Zélandais sont restés fidèles à leur statut. Depuis leur titre de 2011 dans leur antre de l'Eden Park d'Auckland, ils n'ont perdus que 3 de leurs 54 matches. A Twickenham, ils ont tourné au ridicule l'incapacité qu'on leur prêtait à s'imposer dans un Mondial en-dehors de chez eux. L'exploit est aussi là.

L'ailier néo-zélandais Nehe Milner-Skudder inscrit un essai en fin de première période.
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S'il n'y a pas eu photo à propos de leur sacre, il y a bien eu une belle finale. Alors qu'ils n'avaient marqué que trois petits points en première période, encaissant un essai et trois pénalités (19-3), les Wallabies ont redonné du suspense à la rencontre lors de la seconde, malgré un essai de Nonu au retour des vestiaires.
Une très belle finale
Profitant de l'expulsion de l'arrière Ben Smith pour un plaquage cathédrale, les Wallabies ont marqué deux essais en dix minutes, par Pocock (53e) et Kuridrani (64e), à chaque fois transformés par Foley. Sur un long coup de pied de dégagement (68e), un drop de 40 m (70e) et une pénalité de 50 m (75e), Dan Carter mettait cependant fin au suspense, avant un essai de Barrett à la dernière minute. La messe était dite.
Une fois n'est pas coutume, cette finale est à placer parmi les plus beaux matches de Coupe du monde. Si l'engagement physique était logiquement au rendez-vous, il n'a jamais annihilé le jeu d'attaque et de mouvement, pour le plus grand régal des spectateurs. Cette finale est d'ailleurs la plus prolifique de l'histoire avec cinq essais.
La fin d'une génération
Ce sacre vient probablement clore la carrière internationale exceptionnelle de Richie McCaw, 148 sélections et 111 capitanats avec les All Blacks, même s'il s'est gardé d'annonce sa retraite. Quatre ans après Auckland, il a soulevé une seconde fois la Coupe Webb-Ellis, sous les vivats du public. Il ne pouvait rêver plus belle sortie.

La joie des All Blacks.
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Cette finale signe la fin d'un génération en or. Dan Carter (112 sélections et homme de la finale), Ma'a Nonu (103 sélections) et Conrad Smith (94 sélections) vont respectivement finir leur carrière dans les clubs du Racing, de Toulon et de Pau, en Top 14. Mais la relève est déjà là avec le demi-de-mêlée Aaron Smith, le 2e ligne Brodie Retallick et l'ailier Julian Savea, tous meilleurs joueurs du monde à leur poste. En 2019, au Japon, comme à chaque Coupe du monde, les All Blacks se présenteront dans la peau d'un favori.