Tout ça pour ça. Alors que le rugby français connaissait depuis une semaine une polémique sans précédent suite à l'annonce de la fusion à venir du Stade Français et du club rival du Racing 92, le projet n'aura finalement pas lieu a annoncé Jacky Lorenzetti, le président du Racing, dans un communiqué.
"Je renonce au rapprochement avec le Stade Français Paris, en accord avec Thomas Savare (président du Stade Français), la fusion n'aura donc pas lieu", écrit-il. "J'ai entendu et compris les fortes réticences qu'a soulevé ce beau projet d'union. En tout état de cause, les conditions sociales, politiques, culturelles, humaines, sportives ne sont pas remplies. Peut-être avons-nous eu raison trop tôt, l'avenir nous le dira ..." ajoute-t-il.
"J'ai entendu l'émotion des supporters"
Son homologue du Stade Français a confirmé dans un autre communiqué l'abandon du projet. "Une construction de cette dimension n'aurait eu aucun sens dans le combat. Nous avons donc décidé, en accord avec Jacky Lorenzetti, de mettre fin à ce projet de fusion", affirme Thomas Savare, qui souligne avoir "entendu l'émotion, la surprise et l'incompréhension des supporters, des joueurs et des membres de notre association".
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Dicté par des raisons économiques selon les deux présidents, ce projet d'unir les rivaux parisiens, qui ont remporté les deux premiers et deux derniers titres de champion de France, a provoqué une levée de boucliers, notamment de la part des supporters et des joueurs du Stade Français. Au club depuis 2007, Pascal Papé avait dénoncé "la mort de 136 ans d'histoire de leur club" et "un rachat" déguisé en fusion.
Une grève illimitée
Mardi, les joueurs du Stade Français avaient décrété une grève illimitée pour protester contre la fusion qui aurait été effective dès la saison prochaine. Ce mouvement de grève avait poussé la Ligue nationale de rugby (LNR) à reporter les matchs de Top 14 Montpellier - Racing et Castres - Stade Français, prévus samedi.
Les deux responsables des clubs parisiens n'avaient pas trouvé plus de soutien du côté des instances nationales. La Fédération française de rugby (FFR) s'était ainsi déclarée "choquée" et "très étonnée", lundi, indiquant n'avoir "jamais été consultée". Une rencontre devait avoir lieu lundi entre Paul Goze, président de la LNR, et Bernard Laporte, ancien coach du XV de France et président de la FFR.
