Il y a de quoi se désoler. Au lendemain de la défaite face aux îles Tonga (19-14), le sélectionneur du XV de France Marc Lièvremont s'est dit déçu par le comportement de ses joueurs et a déploré dimanche leur manque d'"engagement".
"Dans le rugby, on se gaussait de ce qui s'était passé dans le football. Quelque part hier, on n'est pas descendus du bus", a-t-il dit en référence à l'épisode de la grève des joueurs de l'équipe de France de football en juin 2010 lors de la Coupe du monde en Afrique du sud.
"Certains me comparent à Raymond Domenech. Sachez que j'ai le plus grand respect pour lui. Il s'est battu. Je sais ce que veut dire se battre et je n'ai absolument pas envie de lâcher", a prévenu l'ancien troisième ligne.
"Il y a du marasme"
"J'ai des joueurs expérimentés, talentueux mais pas autant que je l'espérais. C'est dans l'engagement qu'on a failli. On rate des passes et des plaquages. Je crois que c'est un problème d'engagement, pas un problème de jeu", a-t-il dit. "C'est une dynamique collective qui ne se réalise pas. Il n'y pas d'absence de leader", a-t-il ajouté.
Malgré une certaine sinistrose, Lièvremont continue de croire au potentiel de son équipe. "On espère toujours le meilleur. Même si notre parcours est tout sauf linéaire, j'avais le sentiment que l'équipe progressait. Je pensais que le contexte de ce match et la perspective du quart allait nous mettre à l'abri de ce genre de match. On a cette chance immense d'être encore debout. Je suis persuadé que les joueurs ont le potentiel pour battre l'Angleterre."
"J'aurais voulu qu'on se retrouve, qu'on boive des coups, qu'on parle, qu'on échange, qu'on se dise que c'est une belle aventure à vivre. Ce n'est pas le cas. Cela vous (ndlr, les journalistes) donne raison: il y a du marasme", a-t-il dit.
"Je vais les engueuler, les encourager"
"Je ne suis peut-être, comme certains le pensent, qu'un entraîneur de Pro D2 qui n'a pas les compétences d'entraîner l'équipe de France", a-t-il ironisé. "Mais je sais me battre et je n'ai pas envie de lâcher. Par nature, je me bats. Par nature, je crois aux hommes, à la dynamique d'un groupe qui est capable de se prendre en main et de se rebeller avec de la fierté et de l'orgueil pour se racheter la semaine prochaine."
"Je vais les engueuler, les encourager et leur proposer des séquences. J'attends cette rébellion. L'aventure leur appartient. C'est eux qui sont sur le terrain. J'attends qu'ils se prennent en main. Je ne demande que cela."
