Les Renault mettent la gomme. A l'issue des trois premiers Grands Prix du championnat du monde de formule 1, la marque au losange totalise trois victoires et affiche 36 points au classement des constructeurs. Ses deux pilotes, l'Italien Giancarlo Fisichella et le jeune espagnol Fernando Alonso, se sont imposés, le premier en Australie, le second en Malaisie et à Bahreïn. Une révolution au royaume de la F 1, sur lequel Michael Schumacher, septuple champion du monde (83 courses remportées, dont 13 en 2004), et Ferrari règnent sans partage depuis l'an 2000. Une aubaine, aussi, pour la Fédération internationale de l'automobile (FIA): la suprématie de «Schumi» avait fini par éc?urer les téléspectateurs.
Pour relancer l'intérêt du championnat, la FIA en a de nouveau modifié les règlements. En vue de «limiter les performances des voitures et améliorer la sécurité», comme l'explique l'ancien pilote Patrick Tambay, trois mesures principales ont été édictées. Les ailerons sont rehaussés, réduisant ainsi l'aérodynamisme. Chaque monoplace ne dispose plus que d'un seul train de pneus par course. Et un même moteur doit tenir durant deux Grands Prix consécutifs. «A cet exercice, les Renault et Michelin, leur manufacturier de pneus, ont mieux tiré leur épingle du jeu, souligne Jean-Pierre Jabouille, un ancien de la F 1. C'est heureux pour le spectacle.» Quant aux nouvelles Ferrari F 2005, dont les pneus Bridgestone sont moins performants, elles rongent leur frein. Mais gare au retour des voitures rouges, le 24 avril, sur le circuit d'Imola!