Et maintenant, le titre mondial? Les perspectives de l'équipe de France de basket ne sont pas aussi limpides qu'on pourrait l'imaginer, au lendemain du titre européen en Slovénie. Grace à leur parcours exemplaire à cet Euro 2013, les Bleus sont qualifiés pour le prochain championnat d'Europe de basket, en 2015 en Ukraine, et auparavant pour le Mondial 2014, organisé en Espagne. Portée par son leader Tony Parker, les hommes de Vincent Collet, qui a annoncé son intention de rester sélectionneur jusqu'aux Jeux olympiques de Rio 2016, peuvent a priori rêver d'un nouveau podium.

Sauf que Tony Parker pourrait ne pas être là. Or l'équipe de France, sans son "TP", ne serait pas vraiment la même. Chose curieuse: sélectionné depuis novembre 2000, il n'a jamais participé à un championnat du monde, épreuve organisée tous les quatre ans. Les Bleus n'étaient pas qualifiés en 2002. En 2006, Parker a dû renoncer pour une blessure au doigt. Quatre ans plus tard, les Spurs ont fait valoir le contrat qui lie Parker en exigeant qu'il déclare forfait, ce qu'il n'a pu leur refuser, la NBA n'ayant de compte à rendre à aucune fédération.

Il faut que tout le monde y trouve son compte. Parker venait de clore au printemps 2010 une saison NBA gâchée par les blessures. Les Spurs tenaient alors à ce qu'il se prépare de façon optimale pour revenir en pleine forme. "Je serai là pour 2011 et 2012", promet-il. Promesse tenue, avec une médaille d'argent à l'Euro 2011 et un quart de finale aux JO 2012. Dans le discours comme dans les actes, il est impossible de mettre en doute la fidélité de Parker au maillot tricolore.

Objectif Euro 2015 et JO 2016

La situation est la même à présent. "En 2015 et 2016, en espérant qu'on soit qualifié (aux JO, ndlr), pour sûr je jouerai. Mais pour l'année prochaine, ça dépendra de comment je me sens", a-t-il expliqué dimanche soir. Car Tony Parker finit cette saison sur les rotules. En comptant la finale, il a disputé 112 matches de basket depuis la reprise d'octobre 2013. Parker ne semble pas vouloir tenter le diable en jouant tout sans trier, à risquer la blessure, surtout si, comme cette année, les Spurs prolongent leur saison par des play-offs et une finale.

L'été 2014 pourrait donc être celui d'une parenthèse régénératrice, à l'instar d'un été 2010 où l'équipe de France y a aussi trouvé son compte à moyen terme. La même problématique pourrait se poser pour Boris Diaw, son coéquipier des Spurs, et Nicolas Batum, pièce maitresse des Portland Blazers. Joachim Noah, Ian Mahinmi et Kevin Séraphin ont zappé l'Euro 2013 pour ces raisons... avec probablement ce petit regret d'être passés à côté d'un titre.

Parker risque-t-il de regretter le Mondial 2014? Il se déroule en Espagne. Or la Roja battue par les Bleus en demi-finale était privée de quatre joueurs majeurs: Pau Gasol, Serge Ibaka, Juan Carlos Navarro et Felipe Reyes. Tous se sont réservés pour être opérationnels à l'été 2014. Cette sélection-là dans ce contexte-là et la présence de l'impitoyable équipe des Etats-Unis sont deux bonnes raisons de... laisser provisoirement leur chance à des jeunes Bleus. Et de se focaliser sur 2015.