Sa partie de tableau était pourtant largement à sa portée, au moins jusqu'en quart de finale, voire demi-finale. Mais voilà, Roger Federer, vainqueur 4 fois à Melbourne (2003, 2006, 2007 et 2010) ne rencontrera ni Andy Murray, ni Rafael Nadal et encore moins Novak Djokovic, pour, peut-être, une finale de rêve. Le Suisse a butté sur l'Italien Andreas Seppi, au troisième tour du tournoi australien [6-4, 7-6 (7/5), 4-6, 7-6 (7/5)].
Seppi, le plus opportuniste
Au deuxième tour déjà, un autre Italien, Simone Bolelli, 48e joueur mondial, avait donné un avertissement au meilleur sportif suisse 2014, le privant d'une victoire en trois sets nets. Mais, le 46e mondial aura eu raison de la légende vivante du tennis. Roger Federer était loin de son meilleur niveau (55 fautes directes, 9 doubles, 59% de premières balles), alors qu'Andreas Seppi a semble-t-il joué "l'un des meilleurs matches de [s]a carrière", expliquait-il au micro de Jim Courrier après le match, rapporte L'Equipe.
En effet, il s'est montré le plus habile, notamment dans les deux jeux décisifs de la partie, gagnés, à chaque fois, par seulement deux points d'avance. Le plus chanceux aussi, à l'image de cette balle de match (vidéo ci-dessous). Un dernier coup droit joué "de manière un petit peu désespérée", confiait aussi celui qui voulait seulement "prendre du plaisir" sur le court, presque blasé de ses 10 défaites successives contre le Suisse.
Car, sur le papier, Roger Federer partait largement favori. Vainqueur deux semaines plus tôt à Aukland, en Nouvelle-Zélande, signant du même coup une 1000e victoire sur le circuit ATP, il confirmait alors une excellente saison 2014, de retour au plus au niveau, à 33 ans. Sur ces dix dernières confrontations, le génie suisse n'avait d'ailleurs lâché qu'un seul petit set, lors d'un quart de finale, à Doha en 2012.
Déjà du retard dans la course à la place de n°1
Une déconvenue, donc, à laquelle Federer n'est pas habitué. C'est la seconde fois en 10 ans qu'il ne passe pas le cap d'un troisième tour lors d'un Majeur. La précédente et l'unique jusqu'à maintenant constituait alors sans doute la pire défaite de sa carrière: à Wimbledon, dans son jardin favori, au deuxième tour en 2013. Anni horribili pour le Suisse, qui ne gagna qu'un seul tournoi de la saison. Un scénario qui ne s'était pas répété depuis 2001 et sa première victoire dans un tournoi ATP de sa carrière.
Trop tôt tout de même pour commencer à s'inquiéter, mais voilà une chance de perdue pour consolider son record de 17e titres en Grand Chelem. Demi-finaliste l'an passé, il perd également de précieux et nombreux points dans la course au poste de numéro 1 mondial, dont il s'était sérieusement rapproché l'an dernier.
Gasquet éliminé aussi
Fin de parcours également pour Richard Gasquet, qui s'est incliné en trois sets. Il a tout de même livré un match serré, allant au tie-break dans le 2e et 3e set de la rencontre qui l'opposait au sud-Africain Kevin Anderson (6-4, 7-6 [3], 7-6 [6] en 2h24'). Celui-ci rencontrera en huitièmes de finale l'israélien Dudi Sela ou Rafael Nadal (n°3).