Une clause libératoire levée pour 222 millions d'euros, un salaire annuel estimé à 30 millions d'euros nets et une opération totale qui pourrait atteindre la barre des 500 millions d'euros sur cinq ans. Même si le monde du football s'amuse depuis longtemps à exploser tous les plafonds, les sommes astronomiques qui entourent l'arrivée de Neymar au PSG donnent le tournis. À leur lecture, il semble même impossible de penser que le club de la capitale puisse s'y retrouver sur le plan financier après avoir signé le joueur le plus cher de l'histoire. Pourtant, cette affaire peut parfaitement se révéler rentable.
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"Les montants évoqués dans le dossier Neymar peuvent paraître indécents, mais il faut comprendre que les dirigeants parisiens savent ce qu'ils font. Ce n'est pas de l'argent dépensé dans le vide. Ils ont recruté le joueur qui justifie le plus un tel investissement. Il n'a que 25 ans, c'est un potentiel Ballon d'or et c'est une star internationale", indique à L'Express Lionel Maltese, spécialiste de l'économie du sport.
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Capitaine de la sélection brésilienne, Neymar est ce qu'on appelle un "marquee player", un joueur capable d'apporter une importante valeur ajoutée à son club sur le terrain et en-dehors.
Renégociations avec les sponsors
Si le PSG l'a avant tout recruté pour ses qualités footballistiques, il peut aussi compter sur l'ancien Barcelonais pour faire décoller ses ventes de maillots et de produits dérivés à son effigie. "En 2016, Nike a vendu près de 700 000 maillots du PSG. Le cap du million sera passé avec Neymar", assure à L'Express Virgile Caillet, expert en marketing sportif. Sur un maillot sans flocage acheté 85 euros, Paris récupère environ la somme de 15 euros. Le reste est pour l'équipementier. Mathématiquement, 15 millions d'euros iront dans les caisses parisiennes si 1 million d'exemplaires est vendu. Jaune, comme celui du Brésil, le maillot extérieur pourrait particulièrement s'arracher.
Ce sera un bon début, mais encore insuffisant pour amortir la totalité du montant déboursé pour lever la clause libératoire de Neymar, ni pour respecter les règles du fair-play financier de l'UEFA, qui oblige un club à ne pas dépenser plus que ce qu'il ne gagne. Pour y parvenir, le PSG ne manquera pas de s'appuyer sur la popularité de l'ancien prodige de Santos, adoré des marques et des publicitaires. Devenu en 2016 la principale égérie de Nike devant Cristiano Ronaldo, le Brésilien peut aider Paris à renégocier à la hausse ses contrats avec ses sponsors actuels et en attirer de nouveaux.
Ultra-populaire
"Actuellement, la compagnie Fly Emirates verse 25 millions d'euros par an au PSG pour apparaître sur son maillot. De son côté, le Barça touche 55 millions d'euros avec le géant japonais de l'e-commerce Rakuten, alors que Manchester United gagne près de 80 millions d'euros par saison grâce à Chevrolet. Avec Neymar, Paris devrait se rapprocher des montants encaissés par ces deux clubs", soutient Virgile Caillet, qui s'attend également à ce que le sextuple champion de France multiplie à l'avenir ses tournées à l'étranger pour capitaliser sur la notoriété de sa nouvelle pépite.
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Suivi par 30,8 millions de personnes sur Twitter, contre 4,8 millions pour le PSG, Neymar est aussi bien adulé en Europe qu'en Asie ou en Amérique du Nord. "Ce n'est en rien comparable avec ce qu'a pu connaître le PSG avec Zlatan Ibrahimovic. Neymar a des fans partout dans le monde. C'est un VRP de luxe, celui qui est le plus à même d'assurer la promotion de son équipe", confie Lionel Maltese. Concernant la billetterie, Paris a en revanche une marge de progression assez réduite puisque le Parc des Princes présentait l'an dernier un taux de remplissage proche des 90%.
L'enceinte devrait cette fois-ci afficher complet à chaque rencontre à domicile, notamment en Ligue des champions où Neymar sera particulièrement attendu. Les propriétaires qataris rêvent de conquérir ce trophée depuis leur arrivée à la tête du club en 2011 et il rapporte au vainqueur près de 55 millions d'euros, sans compter les droits télévisuels qui viennent gonfler un peu plus ce joli pactole en fin de saison. La balle est désormais dans les pieds de Neymar.