Tout s'est joué en une seconde. Coincée sur le côté au moment de toucher le plot d'arrivée, Aurélie Muller doit se décaler pour obtenir la médaille d'argent qui lui tend les bras, lors du 10km en eau libre des Jeux de Rio. Au coude-à-coude avec l'Italienne Rachele Bruni à moins de cinquante mètres de l'arrivée, la Française bouscule sa concurrente pour se frayer un passage.
Deuxième à l'arrivée, elle est finalement disqualifiée de l'épreuve et non reléguée à la troisième place, comme aurait pu l'espérer le staff de l'équipe de France. La quatrième nageuse de l'épreuve, la Brésilienne Poliana Okimoto, était pourtant arrivée près de deux secondes derrière les deux concurrentes concernées par l'incident. Mais c'est bien elle qui a reçu la médaille de bronze.
Un acte anti-sportif
Deux cas de figure sont prévus par le règlement de la fédération internationale de natation en cas d'incident, pour les courses en eau libre. En cas de contact intentionnel, un premier avertissement doit être distribué avant qu'un carton rouge ne vienne sanctionner un deuxième manquement à la règle. Ce n'est vraisemblablement pas la solution choisie par les juges, puisqu'aucun carton n'avait été distribué à la nageuse tricolore.

Le règlement de la fédération internationale de natation pour les courses en eau libre.
© / FINA
La deuxième partie de la règle signalée par l'onglet "OWS 6.3.2." permet en revanche de disqualifier immédiatement un nageur qui commet un acte anti-sportif. C'est vraisemblablement le choix des arbitres. Dans les derniers mètres d'effort, Aurélie Muller gène considérablement son adversaire en se rabattant sur sa droite. On dirait même qu'elle nage sur l'Italienne lorsqu'elle touche le plot symbolisant l'arrivée. Devant la presse italienne, la médaillée d'argent a déclaré que Muller lui avait plongé la tête sous l'eau.
La fédération française de natation, qui a porté réclamation, a annoncé qu'elle était prête à se saisir directement du Comité olympique.