Ils avaient promis d'enchaîner les révélations. Les douze médias européens à l'origine de l'enquête "Football Leaks", qui révèlent des affaires d'évasion fiscale dans le monde du foot, ont cette fois-ci ciblé José Mourinho. Regroupés au sein du réseau European Investigative Collaborations (EIC), dont fait partie Mediapart, ils accusent l'entraîneur portugais d'avoir caché 12 millions d'euros en Suisse pendant dix ans.
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Mourinho aurait bénéficié dès 2004 des sociétés-écrans et autres montages offshore mis en place par son agent et ami Jorge Mendes, dont auraient ensuite profité des joueurs comme la star portugaise Cristiano Ronaldo ou l'attaquant colombien Radamel Falcao.
Une société aux îles Vierges britanniques
Selon les révélations de "Football Leaks", l'actuel entraîneur de Manchester United se serait constitué un compte en Suisse pour dissimuler au fisc les revenus issus de ses droits à l'image. L'argent déposé en Suisse aurait ensuite été transféré sur les comptes d'une société offshore fondée par Mourinho et immatriculée aux îles Vierges britanniques.
Cette entité serait possédée par un contingent de sociétés en Nouvelle-Zélande et administrée par des prête-noms destinés à cacher le technicien portugais et sa famille. Ses comptables et ses avocats auraient également caché des informations aux services du fisc espagnol pour leur faire croire que sa société avait une activité réelle et donc minimiser ses impôts.
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L'ancien coach du Real Madrid et de Chelsea a déjà fait l'objet de deux enquêtes fiscales au Royaume-Uni et en Espagne, en 2010 et 2014. Il s'en est à chaque fois sorti par des accords à l'amiable. Mais selon Albert Sanchez-Graells, spécialiste du droit espagnol à l'université de Bristol interrogé par le réseau European Investigative Collaborations, l'équipe de Mourinho "a délibérément trompé deux enquêtes fiscales sur ses montages offshore destinés à dissimuler des millions aux autorités". Il demande qu'une "enquête pénale pour fraude fiscale" soit lancée contre le "Special One".
