L'annonce d'Alain Schmitz, président UMP du Conseil général des Yvelines, n'a rien d'une surprise. Devant l'opposition des riverains, du ministère de l'Ecologie, de certains élus locaux, il n'y avait pas d'autre solution que d'abandonner. Alain Schmitz a toutefois tenu à préciser que le coeur du projet Vallée de l'automobile (un plan de développement de l'industrie auto) était déjà en route.

"J'ai pris la décision de renoncer au circuit de Formule 1 après avoir reçu partisans et adversaires de ce circuit (...) J'ai bien senti que nous n'étions pas soutenus comme je l'avais souhaité (...) En revanche, notre but est atteint, c'est-à-dire, la pérennité de l'emploi sur la vallée de l'automobile et la création d'emplois nouveaux"a expliqué Alain Schmitz.

Il a précisé que les terrains préemptés seraient rétrocédés à la Safer, qui prévoit de consacrer ces 178 hectares à de l'agriculture biologique.

Les associations ravies

Ce projet, situé sur des champs de captage d'eau potable, s'était heurté aux défenseurs de l'environnement, au premier rang desquels la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno et son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo.

Alain Schmitz avait de son côté affirmé en juillet que le projet avait "le soutien du Premier ministre" François Fillon.

"C'est une victoire des citoyens de la région et nous sommes très heureux que les terres soient rendues à l'agriculture", a réagi Brigitte Albrieux, du collectif "Flins sans F1".

"Nous sommes étonnés que des élus aient pu soutenir un projet aussi pharaonique et nous serons attentifs à l'argent qui a été consacré à cela car cet argent est celui du contribuable", a-t-elle ajouté.

L'association "Flins sans circuit F1" a de son côté salué "la sagesse" de la décision du président du conseil général.

"Ce projet était une erreur écologique doublée d'une faute politique à l'approche des élections régionales et face au mécontentement de la population", a estimé Hélène Danel, présidente de cette association qui avait organisé plusieurs manifestations et mobilisé des personnalités comme Yann Arthus-Bertrand pour s'opposer à ce circuit.

La région parisienne compatible avec le GP de France?

L'association "Flins sans circuit F1" dénonçait notamment les risques de pollution de la nappe phréatique, de "pollution sonore" et l'atteinte à la biodiversité présente sur ces terres.

Les promoteurs du projet assuraient que la protection de l'environnement avait été prise en compte et que ce circuit avait même vocation à être exemplaire en la matière.

Le circuit de Flins-Les Mureaux, dont le coût était estimé à 112 millions d'euros, était l'un des trois projets encore en lice avec Val de France (Sarcelles-Val d'Oise) et Magny-Cours (Nièvre) pour organiser le futur Grand Prix de France de Formule 1 en 2011.

Récemment, la piste Paul-Ricard au Castelet (Var) a surgi. L'éventuel retour du GP de France semble de plus en plus passer par un éloignement de Paris. Sauf si François Pupponi fait ce qu'il a promis de faire à LEXPRESS.fr: construire un circuit, même si la course n'est pas assurée de revenir en France.