A défaut d'être décisif sur le terrain, Damien Traille peut-il l'être dans la coulisse? Alors que Marc Lièvremont s'essuyait les crampons sur un journaliste jugé hors-jeu pour l'avoir questionné sur nos chances d'être champions du monde, l'arrière (centre, ouvreur) du XV de France a allumé la polémique, chez nos excellents confrères du Midi Olympique.
Stigmatisant les errements du sélectionneur et le manque de vécu collectif des Bleus, le Biarrot lâche le morceau: "J'ai les boules (...) Je ne comprends pas tout (...) Le staff fait le contraire de ce qui était annoncé!" Si l'on ajoute les récriminations de Picamoles, sorti à la mi-temps du match contre les Blacks, et la pointe d'amertume décelée, la semaine dernière, chez Yachvili et Harinordoquy, cela commence à faire beaucoup pour "un groupe qui vit bien", dixit Marc "Coué" Lièvremont.
Que ce soit Traille -dix ans chez les Bleus, pas un verbe plus haut que l'autre- qui crève l'abcès, voilà qui ajoute au poids des maux. La mutinerie n'est pas loin. Elle pourrait déboucher sur l'implosion du groupe ou sa rédemption triomphale, c'est selon.
Après tout, la mythique victoire de 1999, face aux All Blacks, en demi-finale de la Coupe du Monde, est bien l'oeuvre d'un XV de France en auto-gestion. Emmenés par Fabien Galthié, les joueurs ne tenaient plus compte des consignes de Pierre Villepreux et de son staff, depuis le quart de finale contre l'Argentine. Cette rébellion donna naissance au chef d'oeuvre de Twickenham. Mais à la différence des Bleus de 2011, l'équipe comptait en ses rangs deux joueurs de très haut niveau mondial (Magne, Dominici) et un ouvreur qui marchait sur l'eau (Lamaison).
La balle est désormais dans le camp de Dusautoir et les siens...
