Il n'y a guère que Joe Schmidt pour croire que Sean O'Brien évitera une suspension. Interrogé sur le coup de poing de son 3e ligne donné à Pascal Papé, non-relevé par l'arbitrage dans les premières minutes du match contre la France, le sélectionneur de l'Irlande s'est voulu optimiste dimanche soir avant les quarts de finale de la Coupe du monde. "Je pense que [O'Brien] était tenu, il n'a pas regardé directement le joueur. Je pense aussi qu'il n'a pas fermé son poing", a-t-il réagi après avoir visionné les images.

Le sélectionneur de l'équipe de France a une toute autre lecture. Après avoir vu pour la première fois les images en conférence de presse, Philippe Saint-André a bondi. "On ne va pas en rester là, on déclenche [la saisie de la commission de discipline]", a-t-il promis dimanche soir. Rebelote lundi: "C'est un attentat après 23 secondes de jeu. J'espère que la commission de discipline va le sanctionner."

L'instance dispose de 36 heures après la fin du match pour citer à comparaître Sean O'Brien. Or, pour ce type de geste, elle n'a pas l'habitude de prendre de petites sanctions. Pour avoir marché sur la tête du Gallois Luke Charteris le 1er octobre, le Fidjien Manasa Saulo a été suspendu 10 semaines, malgré la prise en compte par la commission de circonstances atténuantes comme le fait que le joueur ait "exprimé des regrets".

Un geste de vengeance?

En l'espèce, l'assemblée ne pourra que constater l'aspect délibéré du mauvais geste d'O'Brien. S'il le présente comme un réflexe, Schmidt lui-même ne l'a pas contesté. Surtout, le contexte n'est pas favorable au joueur du Leinster, soupçonné par certains d'avoir eu un geste de vengeance. Lors du dernier choc franco-irlandais du Tournoi des Six Nations, Pascal Papé avait sévèrement blessé aux vertèbres, d'un coup de genou, Jamie Heaslip. Le geste avait valu au Français 10 semaines de suspension et la promesse, désormais tenue, d'un accueil musclé lors de la prochaine confrontation avec les Verts.

Pour l'Irlande, l'absence forcée d'O'Brien pour la suite de la compétition serait un nouveau coup dur. Face à la France, la casse a été nombreuse parmi ses éléments clés. Blessé à un genou, le 3e ligne Peter O'Mahony est forfait pour le reste de la compétition. Sortie à la 25e pour une blessure aux adducteurs, l'ouvreur Jonathan Sexton devait passer ce lundi des examens, tout comme le capitaine Paul O'Connell, touché aux ischio-jambiers et sorti sur civière à la mi-temps. L'Argentine, leur prochain adversaire en quarts de finale, peut se frotter les mains.