Certes, la Nouvelle-Zélande a remporté tous ses matches du groupe C de la Coupe du monde. A l'exception de l'Argentine, un adversaire qui commence à bien la connaître en Four Nations, elle a passé plus de 40 points à ses trois autres adversaires, la Namibie (58-14), la Géorgie (43-10) et les Tonga (47-9). Mais, dans aucune de ces rencontres, elle n'a réussi à briller comme on s'y attendait. Les grincements constatés dans son jeu sont autant de pistes de travail pour le sélectionneur Philippe Saint-André et ses hommes pour le quart de finale disputé samedi à Cardiff.
Une mêlée chahutée
A trois reprises, contre la Géorgie, la mêlée néo-zélandaise a été pénalisée. Sa première ligne est sa plus grande faiblesse. Elle a été chahutée par presque tous ses adversaires, à l'exception de la Namibie. Steve Hansen doit surtout faire sans Tony Woodcock, blessé contre les Tonga. Il y a là un coup à jouer pour les Bleus.
Un Carter parfois moins efficace
Contre la Géorgie, Dan Carter (33 ans) s'est montré inhabituellement imprécis, avec quatre coups de pieds réussis sur sept tentés. Contre l'Australie, le 8 août dernier, il a raté deux transformations importantes (3/5 au pied) qui auraient permis aux All Blacks de mener 23-17. Au lieu de ça, les Australiens sont restés dans le match pour s'imposer 27-17. Carter a semblé émoussé, attaquant moins la ligne qu'à l'ordinaire. A moins que le recordman de points en sélection (1552) ne se soit ménagé pour les phases finales...
Trop compter sur l'épuisement adverse
"[Les All Blacks] se reposent beaucoup sur leurs secondes périodes, pendant le Four Nations, ils n'ont remporté plusieurs rencontres que dans les dernières minutes", a constaté leur mythique aîné Graham Mourie (L'Equipe 6/10/2015). Cela s'est également vérifié contre les équipes du Nord comme l'Irlande ou l'Angleterre. Le volume de jeu néo-zélandais, constant pendant 80 minutes, affaiblit les défenses adverses, jusqu'à ce qu'elles craquent. Si la défense des Bleus tient mieux que celle de l'Argentine, tout est possible.

Newcastle, 9/10/2015. Ma'a Nonu, le centre de la Nouvelle-Zélande, file à l'essai contre les Tonga.
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Ils n'aiment pas être agressés
Intelligemment, les Géorgiens et les Tongiens ont repris la tactique de rush défensif des Argentins en poules. En montant vite sur les ailes, les adversaires ont grippé la belle mécanique de jeu au large des Blacks. L'engagement mis par leurs adversaires dans les rucks a également ralentie leurs sorties de balles. A vouloir donner trop de rythme en multipliant passes et courses face à des défenseurs replacées, ils ont parfois gaspillé inutilement leur énergie quand ils auraient pu se montrer plus gestionnaires.

Cardiff, 2/10/2015. Le capitaine de la Géorgie Mamuka Gorgodze plaque celui des All Blacks Richie McCaw.
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Des fautes inhabituelles
Après l'Argentine, les All Blacks se sont imposés sur des scores larges peu révélateurs de leurs maladresses et de leurs fautes face à des adversaires bien plus faibles. Que ce soit des coups de pied contrés, des mauls écroulés, ou des fautes de mains. Même contre la Namibie. Des quarts, ils forment l'équipe qui a perdu le plus de ballon en poules: 80, contre 63 pour la France et l'Australie, 55 pour l'Irlande et 43 pour l'Ecosse. Autant de ratés concédés sous une pression physique incessante que tous leurs adversaires n'ont cependant pas réussi à maintenir au-delà de l'heure de jeu. Le défi principal des Bleus se trouve là.
