Menés pendant la première période, ils ont fini par reprendre l'avantage. Les All Blacks toquent de nouveau aux portes de l'histoire après avoir décroché ce samedi, à l'usure, leur qualification pour la finale de la Coupe du monde de rugby. Ils ont battu laborieusement leurs meilleurs ennemis sud-africains 20 à 18 à Twickenham (Royaume-Uni).
>> Revivez, minute par minute,la victoire des All Blacks face aux Springboks (20-18)
Quatre ans après avoir ravi le Graal à Auckland, les All Blacks sont en passe de devenir la première nation du rugby à conserver le titre mondial. Cette énième page de la légende des hommes en noir devra encore attendre 80 minutes et un choc face à l'Australie ou l'Argentine, samedi prochain.
Il s'agirait alors du troisième titre planétaire de l'histoire des All Blacks, qui avaient été sacrés lors des deux éditions disputées sur l'île du Long nuage blanc, en 1987 et 2011. Ce serait aussi l'occasion de tordre le cou à la rumeur qui murmure que loin de leurs bases, les All Blacks sont plongés dans le doute et peinent à asseoir une domination que nul ne conteste par ailleurs.
Le courage des Boks n'a pas suffi
Samedi, il fallait se résoudre à rendre hommage à leur manière d'écarter méthodiquement de vaillants Springboks, bien trop retranchés en défense pour espérer l'emporter. Sans s'affoler inutilement, les partenaires de Richie McCaw ont surmonté une première période quasi stérile et un second acte chaotique pour finalement composter leur billet, avec une maîtrise née de longues années de suprématie sur la planète ovale. Seules trois équipes, sur trois rares braquages, ont réussi ces quatre dernières années à renverser la montagne noire.
Les Springboks avaient réussi leur coup l'an passé à Johannesburg, en ajoutant à leur habituelle densité physique un brin de folie offensive que l'on a vainement cherché samedi. Sans doute repartiront-ils avec le regret de n'avoir guère montré autre chose que leur courage.
Un duel interminable
Le bras de fer a paru interminable entre deux équipes qui avaient fait voeu de matérialiser leur respect mutuel par un terrible combat. Cela a effectivement secoué sur les points de rencontre et à ce petit jeu, les Sprinboks s'en tirent comme d'habitude avec la médaille du mérite: leur défense s'est arc-boutée mais n'a que très rarement craqué face aux coups de boutoir adverses.
De quoi agacer les Néo-Zélandais: maîtres du ballon et du terrain, ils n'en ont que très peu récolté les fruits. Et ne sont jamais parvenus à décramponner tout à fait leurs adversaires.
Eviter l'excès de confiance
En face, les Boks, avec une stratégie minimaliste, ont capitalisé sur pratiquement toutes leurs occasions de marquer, par la botte de Pollard et Pat Lambie. L'indiscipline chronique des champions du monde en titre a ainsi permis aux partenaires de Bryan Habana de virer en tête à la pause (12-7).
Finalement, il a fallu un bon coup d'accélérateur en début de seconde période pour voir les hommes de Steven Hansen prendre enfin les commandes du match. Ils pourront s'en vouloir toutefois de ne pas avoir su profiter de cet élan pour enterrer les Springboks, pourtant réduits à 14 après l'exclusion temporaire d'Habana. Au lieu de cela, ils disputaient toute la fin de match la peur au ventre et sans doute auront-ils ce scénario dans un coin de la tête pour prévenir tout excès de suffisance lors de la finale.
