Deux jours après la raclée historique infligée par les All Blacks au XV de France (62-13), le président de la Fédération française de rugby est sorti du silence ce lundi. "Nous sommes dans un moment difficile, ce serait stupide de le nier. Tout le monde et moi le premier, plus que quiconque, est très déçu de l'élimination du XV de France en quart de finale, a souligné Pierre Camou. On s'était fixé des objectifs importants, donc cette défaite est un échec total. Il faut bien le reconnaître. Je suis le premier à le reconnaître et j'en prends, en tant que président de le Fédération, la responsabilité absolue."
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L'heure des constats douloureux a sonné. "J'ai convoqué un bureau fédéral extraordinaire jeudi matin à Paris, avec comme seul ordre du jour cette Coupe du monde, J'attends que tout le monde s'exprime librement, fasse les constats, donne son regard et ait du courage, a indiqué Pierre Camou. Je suis prêt à tout. A condition que chacun prenne conscience de la situation. C'est comme le réchauffement climatique. C'est quand la pointe de l'iceberg est touchée que l'on se rend compte que toute la banquise fond."
Camou veut des moyens pour les contrats fédéraux
Le président de la FFR a posé certaines bases au débat, en déplorant que le Top 14 ou la Pro D2 n'accordent pas plus d'espace aux jeunes espoirs, cantonnés aux postes de réservistes. "Depuis 6 ans, on essaye de tout réformer, les tranches d'âge, les formations, a-t-il relevé. Mais les gamins ne jouent pas (en Top 14 ou Pro D2, ndlr)! Ils ne jouent jamais. Or, la meilleure des formations, c'est le jeu. Je ne peux pas les faire jouer moi-même, donc il faut trouver un autre système."
Quel système? Pierre Camou avance comme solution le développement de contrats fédéraux pour les meilleurs joueurs, mais bute sur la question de leur financement. "Soit on a les moyens et il faut les prélever sur d'autres dépenses. Soit il faut créer des nouvelles recettes. Si je veux faire construire un stade (projet en gestation pour 2020, ndlr), ce n'est pas pour moi. C'est pour construire, avec une vision sur 20 ans", a-t-il défendu.
