Que France-Irlande soit la petite finale du groupe D (dimanche à 17h45) était dans l'air depuis le tirage au sort. On en a désormais la certitude. Après sa victoire poussive contre l'Italie (16-9) ce dimanche, le XV du Trèfle a assuré aux deux équipes une qualification en quarts de finale de la Coupe du monde de rugby
Pourtant, l'Irlande s'est montrée beaucoup moins séduisante contre les Azzurri qu'en début de compétition, lorsqu'elle avait inscrit quasiment 100 points en deux matchs. Inutile cependant de s'emballer sur un possible renversement du rapport de force entre les Bleus et les Verts. L'équipe d'Irlande sera très différente dimanche à Cardiff. Certes, les joueurs alignés seront plus ou moins les mêmes: Joe Schmidt a aligné, dimanche au Stade olympique, un XV qui ressemble à peu de chose près à une équipe-type. Dans l'intensité, Jonathan Sexton et ses partenaires donneront autre chose.
"Peut-être qu'on a été bercés par nos succès"
La victoire des Irlandais a reposé sur l'unique essai de la rencontre inscrit par Keith Earls en première mi-temps (19e). Au bout de 40 minutes, ils menaient 10-6. Au retour des vestiaires, les Verts ont laissé beaucoup d'espaces à leurs adversaires, manquant d'encaisser un essai de Furno (48e), qui aurait permis aux Italiens de mener 13-10. Au final, la victoire fut acquise sans la manière, avec une Italie habitée par la possibilité d'un exploit jusqu'au bout du match. "Parfois ce n'est pas votre jour, il faut savoir gagner en étant laid, a concédé Joe Schmidt après le match. Peut-être que ces deux dernières semaines, on a été bercé par nos succès." La France a eu moins de mal à se défaire de l'Italie (victoire 32-10 en ouverture), inquiété ensuite par le Canada (23-18).
"Ce sont des matchs qui peuvent user"
En fait, l'Irlande semble avoir consciemment utilisé son joker, dimanche. Chacune des grandes nations de la Coupe du monde a pu faire tourner son effectif contre les équipes mineures comme la Namibie (pour la Nouvelle-Zélande), la Roumanie (pour la France) ou encore l'Uruguay (pour l'Australie). Ce turn-over est vital pour franchir les poules sans griller toutes ses cartouches. Joe Schmidt n'avait, lui, pas réellement la possibilité d'aligner une équipe-bis contre l'Italie. Avec Sergio Parisse de retour dans son quinze, l'équipe de Jacques Brunel aurait eu de réelles possibilités de créer une sensation et de tout chambouler dans la poule. Alors l'Irlande a géré, baissant nettement d'intensité en seconde période.
Contre les Fidji jeudi dernier, le Pays de Galles, vainqueur 23-12, n'avait fait que trois changements par rapport à son dernier match contre l'Angleterre. Les joueurs avaient fini totalement émoussés et s'étaient livrés au même numéro de gestion pour assurer l'essentiel. "Vu le peu de temps de préparation que l'on a eu, les joueurs n'était pas au mieux et ont fait ce qu'ils ont pu aujourd'hui, avait souligné le sélectionneur Warren Gatland à l'issue du match. Ils ont fini fatigués. Les organismes étaient touchés à la fin, avec quelques bobos".
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Pour les Irlandais comme pour les Français, les choses sérieuses commencent véritablement dimanche prochain. "Ce sera serré, ce sont des matchs qui peuvent user et ensuite on aura six jours pour jouer le numéro un (la Nouvelle-Zélande) ou sept pour jouer une équipe (l'Argentine) en grande forme", a expliqué le sélectionneur irlandais. L'honneur et la première place devraient suffire à pousser les deux équipes à se donner à 100%. Ni le niveau relativement ordinaire des Blacks, ni le niveau impressionnant de l'Argentine au cours de ce premier tour ne légitiment le moindre calcul de part et d'autre.