Clermont n'aura pas le droit à l'erreur. Les Auvergnats qui restent sur plusieurs performances inabouties, devront montrer un visage plus convaincant samedi à Twickenham à 16h40 contre les Anglais de Saracens, lors de la première demi-finale de la Coupe d'Europe de Rugby.

Ce rendez-vous va donner le ton des dernières semaines de la saison des Auvergnats. Il peut les mettre sur orbite et laisser derrière eux les doutes suscités par leurs "demi-matches" contre Leicester en quart de finale (victoire 22-16), Castres (victoire 23-11) ou le Racing-Métro (défaite 22-6) en Top 14. Il peut aussi plonger dans un abîme de déception un groupe qui se prépare à tourner une page avec de nombreux départs (Cotter, Vosloo, Hines...).

"C'est un grand moment, une demi-finale contre la meilleure équipe anglaise dans le Temple du rugby, un stade empreint de noblesse... C'est un moment historique pour le club et pour le groupe", se languit le talonneur clermontois Benjamin Kayser.

Troisième demi-finale en trois ans

A l'heure de ce rendez-vous "historique", c'est la sérénité et la détermination qui habitent l'effectif clermontois, bien loin des interrogations de leurs supporteurs, peu habitués à aborder ce genre de rencontres en position de quasi-outsiders.

Le poids de l'expérience, sans doute. Les Auvergnats savent désormais préparer ces échéances: ils joueront samedi leur troisième demi-finale continentale en trois ans.

Ils savent aussi que leur dernier revers au Racing a été concédé sans plusieurs éléments majeurs, ménagés justement en vue de la Coupe d'Europe (Parra, James, Bonnaire sur le banc, Fofana, Zirakahvili, Cudmore au repos).

Ils connaissent aussi parfaitement leurs limites: leur fébrilité qui ressurgit aux moments-clés de ces matches à enjeu, comme lors de la finale perdue l'an dernier contre Toulon ou en seconde mi-temps de leur quart de finale contre Leicester, ainsi que l'indiscipline et les baisses de régime qui ont compliqué leurs derniers matches de Top 14.

L'inconnue Farrell

"Il faut qu'on puisse faire la première mi-temps comme face à Leicester et la seconde comme contre Castres. Nous en sommes capables", résume Julien Bonnaire, capitaine en l'absence d'Aurélien Rougerie, blessé à une cuisse.

"On a appris de nos erreurs. Notre jeu est peut-être moins beau mais si ça gagne, ça nous va", lâche Morgan Parra. "On doit être plus efficace, on va revenir à un rugby pourcentage, plus simple", confirme l'entraîneur Vern Cotter.

Il y a en effet peu de chances que les Clermontois puissent réciter leur rugby comme lors de leur dernière confrontation face aux Londoniens il y a deux ans, en quart de finale à Vicarage Road (22-3).