Pour alerter sur le réchauffement climatique et dénoncer le manque d'action des responsables politiques, Greenpeace voulait diffuser une campagne de communication frappant les esprits. "Face à l'urgence climatique, les discours ne suffisent pas. Le gouvernement doit agir", pouvait-on lire sur des affiches. La campagne comprenait aussi un film de 60 secondes dans lequel des mots "blabla" sont emportés dans des événements climatiques extrêmes, avec en fond sonore des extraits de discours sur le climat des présidents Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron.

Mais la régie des transports parisiens Mediatransports a refusé d'orner les murs du métro parisien desdites affiches, à l'instar de plusieurs cinémas, a indiqué l'ONG dans un communiqué publié lundi. En cause : un propos jugé "un peu trop engagé" par la régie et les cinémas, selon qui la campagne était "trop politique, bien que les visuels aient été jugés conformes par l'ARPP [Autorité de régulation professionnelle de la publicité]", rapporte Greenpeace.

"Cette campagne ne respecte pas ce devoir de neutralité"

"Dans les contrats avec la RATP et la SNCF, nous n'avons pas le droit de diffuser des campagnes qui ont un caractère politique ou religieux en raison d'un devoir de neutralité", explique dans Le Monde Alexandra Lafay, la directrice de la communication à Mediatransports. Et d'ajouter : "Cette campagne ne respecte pas ce devoir de neutralité puisqu'elle mentionne l'inaction des décideurs politiques."

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"Dans un contexte où les alertes des scientifiques se succèdent pour expliquer que nous sommes la dernière génération à pouvoir agir, il est surprenant de constater que Mediatransports considère des affiches rappelant l'urgence climatique comme indignes du métro parisien, alors que les compagnies aériennes par exemple y développent des campagnes d'ampleur, incitant les voyageurs à prendre l'avion comme d'autres prennent le métro", souligne pour sa part Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Si la campagne a été refusée dans le métro de la capitale et certains cinémas, elle est tout de même visible à Bordeaux, Lille, Lyon, Montpellier et Toulouse, précise Greenpeace.