Mont-Saint-Michel, Pont du Gard... La France compte 2700 sites classés couvrant 2 % du territoire. Plusieurs personnalités, dont l'animateur Stéphane Bern et la présidente du WWF France Isabelle Autissier, ont demandé au gouvernement de revoir sa copie à leur propos, dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche.

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Les signataires de ce texte, où figurent également les noms d'Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et Michel Dubromel, président de France Nature Environnement, craignent que "ces joyaux paysagers" soient "beaucoup plus exposés aux pressions locales, politiques ou économiques".

Mont Saint Michel, l'un des sites culturels les plus visités de France. Photo prise le 22 mai 2008

Le Mont-Saint-Michel, l'un des sites culturels les plus visités de France.

© / afp.com/MYCHELE DANIAU

Ils contestent ainsi un projet de décret du gouvernement, qui prévoit de transférer la compétence ministérielle d'autorisation de travaux sur ces sites aux préfectures. "Les 101 préfets de département ne disposent en effet ni de la stabilité ni de l'expérience ou des moyens nécessaires pour conserver ces joyaux paysagers", estiment les signataires. Les signataires regrettent notamment que le gouvernement ait abandonné un précédent projet de décret "qui convenait à toutes les parties".

"Protéger nos sites remarquables"

Ce projet de décret, fruit d'un travail "de trois ans", permettait entre autres au préfet de département d'autoriser des projets de travaux modestes (comme l'extension de constructions existantes, des travaux de restauration, des plans de gestion forestière...) mais requérait obligatoirement l'intervention du ministre de la Transition écologique et de son bureau des sites pour des travaux plus importants, nécessitant notamment un permis de construire ou d'aménager.

La voie désormais choisie par le gouvernement "reviendrait en réalité à assouplir la délivrance des autorisations de travaux et à déréguler", déplorent les signataires de la tribune.

"Nous, citoyens, collectivités, associations et acteurs du tourisme, avons le pouvoir et le devoir de protéger nos sites remarquables en disant notre opposition à ce projet de décret et en participant massivement à la consultation en ligne sur le site du ministère de la Transition écologique", ont insisté les signataires.