Cette fois, les accusations le compromettent à titre personnel. Après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'agressions sur mineurs dans le cadre de l'affaire Preynat, le cardinal Barbarin est accusé de harcèlement par un ancien séminariste, révèle L'Obs ce mercredi.

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Dans un mémoire transmis à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église qu'a pu consulter l'hebdomadaire, Benoît Quettier accuse Philippe Barbarin de l'avoir harcelé alors qu'il souhaitait devenir prêtre diocésain.

"J'étais hétéro, c'était bien ça le problème"

C'est en 2006 que tout commence, lorsque l'ancien séminariste et son frère Romain font part de leur voeu commun au cardinal, qui les accepte au sein du séminaire de Saint-Irénée de Lyon. Si les quatre premières années se déroulent sans encombre, c'est que l'archevêque semble avoir pris sous son aile Benoît Quettier. Il le nomme même cérémoniaire adjoint.

"Barbarin me convoquait régulièrement chez lui, pour des détails", explique-t-il à L'Obs avant de poursuivre: "Il alternait les effets de tendresse et les humiliations. J'étais assez innocent, je ne comprenais pas ce qu'il cherchait, s'il voulait me faire rentrer dans sa cour ou s'il me faisait la cour".

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Benoît Quettier assure avoir eu à répondre "à des questions d'ordre sexuel": "Au séminaire de Lyon, je vivais entouré d'homos. J'avais fait le choix du célibat, et là, je ne comprenais plus ce qui m'arrivait [...] Mais j'étais hétéro, c'était bien ça le problème. Et c'est pour ça que j'ai été viré", assure-t-il.

Une version que confirme son frère Romain: "Le cardinal et ses proches ont organisé un harcèlement constant contre Benoît, on l'a humilié et sanctionné minutieusement. Et puis, on a différé son ordination pour pouvoir m'ordonner d'abord et le virer ensuite", lâche-t-il à L'Obs.

S'en suit alors une période de dépression pour l'ancien séminariste, aujourd'hui marié et chef d'entreprise qui explique enfin que lors de son renvoi, le cardinal Barbarin aurait justifié cette décision en expliquant qu'il était homosexuel. Contacté par L'Obs, le primat des Gaules n'a pas souhaité s'exprimer à ce sujet.