"Responsabilité", versement d'une "contribution financière", écoute promise aux victimes... Les évêques catholiques se sont prononcés ce vendredi sur plusieurs "résolutions" en matière de lutte contre la pédocriminalité dans l'Eglise. Leur vote vient clore les travaux, entamés mardi, des quelque 120 membres de la Conférence des évêques de France (CEF) réunis en assemblée plénière, pour partie à Lourdes et pour partie en visioconférence.
L'Eglise catholique veut "assumer sa responsabilité"
Les évêques ont voté ce vendredi une résolution sur la pédocriminalité affirmant que "l'Église veut assumer sa responsabilité devant la société en demandant pardon pour ces crimes et pour ces défaillances", ont annoncé les responsables de la Conférence des évêques de France.
Les évêques ont voulu reconnaître leur responsabilité "vis-à-vis du passé, du présent, et de l'avenir", a déclaré Mgr Olivier Leborgne, l'un des vice-présidents.
En février, les prélats avaient collectivement examiné, sous divers angles, la notion complexe de "responsabilité" mais sans prendre de décision. La question de responsabilité collective à l'égard du passé, notamment, ne fait pas consensus chez les évêques, certains préférant plutôt parler d'assumer une responsabilité au présent et à l'avenir.
Versement d'une "contribution financière" pour les victimes
Les évêques catholiques se sont également mis d'accord pour verser aux victimes une "contribution financière" dont le montant sera "forfaitaire". Cette contribution sera financée par un "fonds de dotation ad hoc" et déterminée par "une instance indépendante d'assistance" qui aura la charge "d'examiner les demandes et de décider les attributions dans la limite des capacités d'un fonds", a précisé la Conférence des évêques de France.
Cette contribution "n'est pas une indemnisation ni une réparation", a déclaré Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, lors d'une conférence de presse venant clore l'assemblée plénière de quelque 120 évêques qui ont voté au final onze résolutions, dont plusieurs en faveur de la lutte contre la pédocriminalité.
Vers un "lieu de mémoire"
Ils ont aussi décidé que le principe d'une "journée de prière" chaque année à la mémoire des victimes, voulue par le Vatican, aurait lieu le "troisième vendredi de carême" et poursuivent leur travail "en vue d'établir, si possible à Lourdes (...), l'installation d'un lieu de mémoire".
"Tribunal pénal canonique", "écoutants"
Les évêques ont aussi décidé la mise en place d'une "équipe nationale d'écoutants" ou encore la création d'un "tribunal pénal canonique (pour le droit de l'Eglise) interdiocésain national".
En 2016, lors d'une messe à Lourdes, les évêques français avaient demandé pardon pour le "trop long silence coupable" de l'Eglise face aux agressions sexuelles commises par des prêtres, estimant qu'en voulant "sauvegarder l'image de respectabilité de l'Eglise" ils avaient "failli à [leur] mission".
