Imaginà Coworking, à Speluncatu (Haute-Corse)

"L'été 2020, mon cousin trader a travaillé pendant un mois depuis Imaginà Coworking. C'était un peu "Wall Street" au village", se souvient Pierre Ridolfi, qui a fondé cet espace de travail partagé associatif dans... une bourgade de Haute-Corse de 280 habitants. Né ici, il a bénévolement créé la structure en 2018 dans un bâtiment en ruine racheté par la municipalité ; soit 120 m2 répartis en 12 bureaux isolés et 20 places en open space, auxquels s'ajoute une salle polyvalente de 90 m2. Impossible sans l'appui du maire, bien sûr, ni les atouts de la commune : "Plus de 2 000 personnes habitent dans un rayon de 15 minutes, hors littoral, et nous possédons l'une des meilleures connexions de Balagne", argumente Pierre Ridolfi. Un bon moyen d'éviter une heure de trajet pour rejoindre son bureau ou de travailler seul depuis son domicile.

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Cela fonctionne ! Non seulement le site affiche complet, mais il a redynamisé l'économie locale. Le bar s'est mis à faire de la restauration à l'année, l'hôtel a vu arriver une nouvelle clientèle, la diaspora revient plus souvent et plus longtemps, un magasin associatif de producteurs du cru a ouvert...Victime de son succès, la structure manque aujourd'hui de place ! Pas de souci : la mairie a déjà décidé son extension. "On a même recruté une jeune femme pour gérer le lieu", ajoute le fondateur ­ aujourd'hui conseiller municipal , qui se félicite d'être régulièrement cité par le professeur Carlos Moreno comme modèle de "territoire de la demi-heure ".

Des jeunes actifs hébergés chez l'habitant dans la Sarthe

Au départ, il s'agissait d'une expérimentation régionale. L'idée ? Déployer un dispositif d'hébergement temporaire chez l'habitant. Avec trois objectifs : aider les entreprises à embaucher en alternance ou en intérim ; permettre aux jeunes de trouver un logement ; et redynamiser les zones industrielles en Pays de Loire.

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Lancé par l'Union régionale pour l'habitat des jeunes (Urhaj) et financé par la Région, ce programme a été testé entre 2018 et 2020 dans neuf territoires, à la satisfaction de tous. Dans la Sarthe, l'association qui le gère, Flore Habitat Jeunes, a fixé un tarif de 15 euros la nuit avec un plafond mensuel de 250 . L'hébergeur lui reverse 1 euro par nuitée, dans la limite de 20 euros par mois. La communauté de communes du Pays sabolien (29 000 habitants) en tire aujourd'hui les bénéfices. Au total, 31 personnes de 15 à 30 ans ont été accueillies au cours de la période, soit 1 141 nuitées. C'est encore peu ? Certes, mais la dynamique est enclenchée.

La Fab-T, à Valence-Romans (Isère)

Si certains doutaient de l'intérêt des consultations citoyennes, la Fab-T pourrait bien les convaincre... Tout a commencé par l'organisation de deux soirées ­ en 2015 puis 2017 visant à recueillir les idées des habitants en matière d'entreprises à impact social et environnemental positif. Le succès est immédiat. Les idées fusent. De là est né le programme "Start-up de territoires". Aux manettes : Archer, un groupe d'économie sociale et solidaire local, et l'agglomération ValenceRomans. Encore fallait-il passer à la phase "concrétisation". C'est là qu'intervient la Fab-T. Sa mission ? Transformer ces idées en entreprises. Avec un impératif : répondre aux défis sociaux, économiques et écologiques locaux. La structure s'est fixé comme objectif de créer de 100 entreprises et plus de 1 500 emplois, d'ici à 5 ans. Un tel positionnement lui a permis de remporter l'appel à projets "Territoire d'innovation de grande ambition" (Tiga), avec, à la clef, une enveloppe de 22 millions d'euros."Nous comptons déjà 43 entrepreneurs et 126 emplois", se félicite Michel Nicolas, directeur de l'établissement public local. Parmi elles : Ma bouteille s'appelle Reviens, une start-up de consigne de verre, et La ceinture verte, qui propose aux municipalités de gérer de A à Z leurs terrains délaissés en y installant des maraîchers. La Fab-T espère ainsi ramener le taux de chômage à 7 % et celui de pauvreté sous la barre des 10 %. Les 225 000 habitants de cette intercommunalité ne demandent qu'à la croire.