Michelin est né il y a 130 ans à Clermont-Ferrand... Quels liens le groupe entretient-il avec la ville ?
Florent Menegaux : Tout a commencé ici par une série d'innovations qui ont changé l'industrie ! Nous avons d'abord fabriqué des pièces en caoutchouc, puis des pneus, des avions, des michelines... Pour accompagner ce développement, nous avons bien sûr construit des usines, mais aussi des hôpitaux, des maisons, une piscine et des magasins pour nos salariés. Aujourd'hui, les concertations avec la métropole restent nombreuses. Elles portent sur des questions très variées comme la scolarité, la mobilité, le bien-être, l'emploi... Pour montrer à quel point nous sommes en osmose avec la ville, nous avons aussi créé un nouveau bâtiment et réaménagé le siège, place des Carmes.
Les métiers ont évolué, générant des suppressions de postes. Michelin est-il toujours aussi attractif ?
Bien sûr ! Une entreprise est un organisme vivant qui doit s'adapter en permanence à son environnement. L'industrie évolue et nous avons besoin de créer des métiers d'avenir nécessitant de nouvelles qualifications. Les suppressions de postes annoncées se font sur la base du volontariat, et nous nous engageons à recréer au moins autant d'emplois. La région accueille aussi le coeur de la recherche et développement du Groupe, à Ladoux. Nous attirons ici des milliers de chercheurs, souvent venus des quatre coins du monde, qui participent au rayonnement de la ville.
Comment cela se concrétise-t-il ?
Cela passe d'abord par la formation. A Clermont-Ferrand, nous avons créé Hall 32 pour proposer aux jeunes des formations aux métiers de l'industrie et pour répondre aux besoins de recrutement des entreprises du territoire. Hall 32 intégrera bientôt la Manufacture des talents et le futur grand pôle de formation du "Parc Cataroux", une initiative qui contribuera à accroître l'attractivité de la région. En outre, il inclura aussi un pôle innovation fédérant les start-up locales du numérique ; un autre dédié aux biotechs et aux matériaux durables ; et un dernier centré sur le sport, la santé et la culture. Michelin travaille enfin avec d'autres entreprises et la Région sur des projets d'avenir comme le projet Zero Emission Valley, consacré à la mobilité hydrogène.
Vous participez, avec Movin'on, à la réflexion sur le futur des mobilités. Quelle est votre vision de la ville idéale ?
Dans les 20 ans à venir, 80% de la population mondiale vivra en milieu urbain ! La question de son aménagement est donc cruciale. Il n'est cependant pas simple de définir la ville idéale, ni même souhaitable... Chacune se développe en fonction de son histoire et de son identité. L'important est de s'y sentir bien collectivement, c'est-à-dire de concevoir les villes pour leurs habitants et non l'inverse.
Et vous, vous sentez-vous bien à Clermont ?
Y habitant depuis 15 ans, j'ai quelques frustrations, notamment en matière de transports. Le temps de moyen pour rejoindre Paris en train est de 4h15 : c'est énorme ! Sans compter le manque d'avions... Avec une présence dans 174 pays, nous sommes très dépendants des liaisons vers l'aéroport de Charles-de-Gaulle. Or, le train arrive... à Bercy. Mais bien sûr, et c'est le plus important, j'ai également beaucoup de motifs de satisfaction. La ville est très dynamique et tous les services dont nous avons besoin sont à disposition, au milieu d'un écrin naturel magnifique.
